Chimie · Sujet officiel n°16 · Session 2027

Métaux et cations métalliques

Partie 1 : Collège / LycéePartie 2 : CPGE (PC/PCSI)PremiumMise à jour 2026-09-23
Prérequis : classification périodique (configuration électronique de valence, électronégativité), oxydoréduction (couples, potentiels standard), réactions acide-base et \(pK_a\), produits de solubilité et complexation, enthalpie libre de réaction. Matériel : fil de cuivre émaillé (10,0 m, diamètre 0,20 mm) et fil de constantan (1,00 m, même diamètre), palmer, alimentation stabilisée, ampèremètre et voltmètre (montage quatre fils), sèche-cheveux ; lames de zinc, de fer et de cuivre, acide chlorhydrique à 1 mol·L⁻¹, soude à 1 mol·L⁻¹ ; pile Daniell (demi-piles zinc et cuivre, sulfate de zinc à 0,10 mol·L⁻¹, sulfate de cuivre à 0,10 ; 0,010 et 0,0010 mol·L⁻¹ dans du nitrate de potassium à 1 mol·L⁻¹, pont salin au nitrate de potassium, voltmètre à haute impédance) ; tubes à essais, solutions témoins de sulfate de cuivre et de nitrate de fer(III) ; plaque de fer, papier abrasif, eau salée à 3 %, ferricyanure de potassium, phénolphtaléine, pipette ; nitrate de fer(III) nonahydraté et chlorure de sodium (solutions à 0,10 mol·L⁻¹ en fioles jaugées), pH-mètre et tampons d'étalonnage pH 4 et pH 7 ; thiocyanate de potassium, fil de nichrome, bec Bunsen et verre de cobalt ; solution mixte \(\ce{Fe^3+}\)/\(\ce{Zn^2+}\) à \(10^{-2}\) mol·L⁻¹ acidifiée à pH ≈ 1 par l'acide nitrique, soude à 0,10 mol·L⁻¹, agitateur magnétique, turbidimètre, dispositif de filtration ; EDTA disodique à \(1{,}00\times10^{-2}\) mol·L⁻¹, tampon ammoniacal pH 10, noir ériochrome T, burette de 25 mL, pipette jaugée de 50 mL, eau minérale dont l'étiquette indique les teneurs en calcium et en magnésium.

Plan de leçon

  • Introduction : un même élément, deux états. Le cuivre du fil électrique et l'ion cuivre(II) de la bouillie bordelaise ; le fil conducteur métal → cation → retour au métal.
  • I. Le métal, un solide à électrons délocalisés (Collège / Lycée, puis CPGE) : place des métaux dans le tableau périodique, propriétés macroscopiques, modèle du gaz d'électrons et loi d'Ohm locale, empilements compacts, alliages de substitution et d'insertion ; montage : résistivité d'un métal pur et d'un alliage.
  • II. Du métal au cation : oxydoréduction (Lycée, puis CPGE) : attaque des métaux par les acides et identification des cations formés, échelle des potentiels standard, pile Daniell et loi de Nernst, corrosion comme cas d'école (expérience d'Evans), retour au métal par électrolyse ; montage : f.é.m. d'une pile Daniell en fonction de \([\ce{Cu^2+}]\).
  • III. Le cation en solution aqueuse (CPGE) : l'ion aquo et son acidité, complexation (ligand, denticité, \(\beta_n\), effet chélate, compétition avec la précipitation), précipitation sélective, synthèse par le diagramme E-pH du fer, caractérisation et dosage ; montages : pH d'une solution de fer(III), séparation de deux cations, dosage de la dureté d'une eau à l'EDTA.
  • Conclusion et ouverture : ce que le cation « garde » de son métal ; batteries, métallurgie extractive, métaux du vivant.

Introduction

Le fil qui alimente cette salle est en cuivre : un solide rougeâtre, brillant, qui se plie sans casser et conduit l'électricité mieux que presque tout autre matériau. La bouillie bordelaise que les viticulteurs pulvérisent sur la vigne contient elle aussi du cuivre, mais sous la forme d'ions \(\ce{Cu^2+}\) : ni éclat, ni ductilité, ni conduction, une couleur bleue en solution et une toxicité pour les champignons. Entre les deux, un seul changement : l'atome a perdu deux électrons. Tout le sujet tient dans ce passage, et dans la question qu'il pose : que devient un élément métallique quand il cesse d'être un métal ?

Nous suivrons donc une trajectoire. D'abord le métal comme solide : pourquoi un ensemble d'atomes qui cèdent facilement leurs électrons forme-t-il un matériau conducteur, brillant et déformable ? Ensuite le passage du métal au cation, qui est une oxydation : on le provoque avec un acide, on l'exploite dans une pile, on le subit dans la corrosion, et on l'inverse par électrolyse. Enfin le cation lui-même, qui n'est jamais « nu » dans l'eau : entouré de molécules d'eau, il devient un acide, il échange ses ligands, il précipite, et c'est sur ces propriétés que reposent son identification et son dosage.

Une confusion fréquente est à lever d'emblée : la réactivité d'un métal ne se résume pas à une simple « propension à rouiller ». Si la thermodynamique nous indique si une transformation est possible (par exemple, via le potentiel standard \(E^{\circ}\) ou l'enthalpie libre de réaction \(\Delta_rG\)), elle ne nous dit rien sur la vitesse à laquelle elle se produit. Un métal peut être thermodynamiquement instable en présence de dioxygène mais rester intact pendant des décennies grâce à la passivation, formation d'une couche d'oxyde protectrice. Cette distinction entre « ce qui est possible » (thermodynamique) et « ce qui se produit » (cinétique) reviendra à chaque étape de la trajectoire.

I. Le métal, un solide à électrons délocalisés (Collège / Lycée, puis CPGE)

1. Le métal comme corps simple

Plus des trois quarts des éléments du tableau périodique sont des métaux. Ils occupent toute sa partie gauche et centrale, jusqu'à une frontière en escalier qui descend du bore vers le tellure et le long de laquelle se rangent les semi-métaux (silicium, germanium, arsenic, antimoine). Ce placement n'est pas un hasard de rangement : les métaux sont les éléments dont les électrons de valence sont peu nombreux et faiblement liés au noyau, ce que traduisent une énergie de première ionisation faible et une électronégativité basse (inférieure à 2 environ sur l'échelle de Pauling). Le sodium, avec un seul électron de valence \(3s^1\), est l'archétype ; le cuivre, en \(3d^{10}4s^1\), en est un autre.

À l'échelle macroscopique, un métal se reconnaît à un faisceau de propriétés qui vont ensemble : un éclat caractéristique (il réfléchit la lumière visible), une conductivité électrique élevée qui diminue quand la température augmente, une conductivité thermique élevée (le métal « paraît froid » au toucher parce qu'il évacue vite la chaleur de la main), et une aptitude à la déformation plastique : il est ductile (on l'étire en fil) et malléable (on le lamine en feuille). Un cristal de sel ou un morceau de verre, au contraire, se brise net sous le marteau.

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