Physique · Sujet officiel n°4 · Session 2027

Vision et image

Partie 1 : Seconde / Terminale spéPartie 2 : MPSI/PCSI/PTSIPremiumMise à jour 2026-07-21

Prérequis : modèle du rayon lumineux et propagation rectiligne (cycle 4) ; lois de Snell-Descartes de la réfraction ; lentille mince convergente, foyers, distance focale \(f'\), vergence \(V=1/f'\) en dioptries \(\delta\) ; construction géométrique d'une image par rayons remarquables (Seconde) ; grandissement \(\gamma\). En CPGE : approximation de l'optique géométrique, conditions de Gauss, stigmatisme et aplanétisme approchés, relations de conjugaison de Descartes et Newton, association de lentilles. Matériel : banc d'optique gradué, jeu de lentilles convergentes (\(f'\) de \(+50\) à \(+300~\text{mm}\)), objet lumineux (lettre ou grille éclairée), écran dépoli, mètre ruban ; lentille convergente \(+ \) écran mobile figurant la rétine (modèle de l'œil réduit), lentille divergente et convergente additionnelles pour simuler myopie/hypermétropie ; simulation PhET « Geometric Optics » (autorisée à l'oral) ; lunette astronomique de démonstration (objectif \(f'_1\approx 50~\text{cm}\), oculaire \(f'_2\approx 5~\text{cm}\)) ou deux lentilles montées en système afocal ; loupe.

Plan de leçon

  • Introduction : voir, c'est former une image sur la rétine ; l'œil n'est ni un appareil photo parfait ni un capteur neutre. Enjeu : passer de l'image qualitative sur un écran à la relation de conjugaison quantitative, puis aux instruments qui étendent la vision.
  • I. Former une image : la lentille mince convergente (Seconde → Terminale spé) : rayon lumineux, foyers, construction par rayons remarquables, relation de conjugaison de Descartes, grandissement + manip 1 (banc d'optique : mesure de \(f'\) et vérification de la conjugaison par régression).
  • II. L'œil, système optique naturel et ses défauts (Seconde → CPGE) : modèle de l'œil réduit, accommodation, punctum proximum/remotum, myopie et hypermétropie, correction + manip 2 (œil réduit sur banc + PhET « Geometric Optics » exploité quantitativement).
  • III. Étendre la vision : les instruments d'optique (MPSI/PCSI/PTSI) : loupe, système afocal, lunette astronomique, grossissement, cercle oculaire + manip 3 (lunette afocale sur banc).
  • Conclusion et ouverture : limites du modèle de l'œil réduit, liens vers la couleur (3), la diffraction et le pouvoir séparateur (6, 7), les fibres optiques (5).

Introduction

Fermez un œil, tendez le bras, cachez la Lune avec le pouce : l'astre de \(3\,500~\text{km}\) de diamètre et le pouce de quelques centimètres occupent la même place dans votre champ visuel. C'est que l'œil ne perçoit pas des tailles, mais des angles — et surtout qu'il ne « voit » pas le monde : il en forme une image sur sa rétine, exactement comme une lentille projette sur un écran l'image d'un objet. Voir, physiquement, c'est former une image.

Cette image obéit à des lois précises. Où se forme-t-elle ? Est-elle droite ou renversée, agrandie ou réduite ? Pourquoi une loupe grossit-elle, et pourquoi une lunette permet-elle de « rapprocher » les astres sans jamais changer leur taille réelle ? Toutes ces questions se ramènent à un seul objet d'étude — la formation des images par les lentilles — décliné du collège, où l'on projette une image sur un écran, jusqu'à la prépa, où l'on associe les lentilles pour construire un instrument.

L'œil lui-même n'est pas un instrument parfait : sa mise au point est limitée, ses défauts (myopie, hypermétropie) sont des défauts de vergence que l'on corrige avec des verres, et sa perception est une construction — un point sur lequel le sujet 3 « Spectrométrie optique, couleur » prend le relais. Nous suivrons donc trois étapes : d'abord la lentille qui forme l'image, puis l'œil comme système optique naturel, enfin les instruments qui prolongent la vision.

I. Former une image : la lentille mince convergente Seconde → Terminale spé

Tout part du modèle du rayon lumineux : dans un milieu homogène, la lumière se propage en ligne droite, et une lentille dévie ces rayons selon les lois de la réfraction. Une lentille mince convergente possède un centre optique \(O\) (rayon non dévié), un axe optique, un foyer image \(F'\) et un foyer objet \(F\), symétriques par rapport à \(O\), à la distance focale \(f'=\overline{OF'}>0\). Sa vergence \(V=1/f'\) se mesure en dioptries (\(1~\delta = 1~\text{m}^{-1}\)) : plus \(f'\) est petit, plus la lentille est « puissante ».

Pour construire l'image \(A'B'\) d'un objet \(AB\), trois rayons remarquables issus de \(B\) suffisent : le rayon parallèle à l'axe (qui ressort en passant par \(F'\)), le rayon passant par le centre \(O\) (non dévié), le rayon passant par \(F\) (qui ressort parallèle à l'axe). Leur intersection donne \(B'\). C'est exactement le geste que l'on fait faire à un élève de Seconde avec une règle, avant tout calcul.

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