Physique · Sujet officiel n°14 · Session 2027

Résonance

Partie 1 : Terminale spé → CPGE 1Partie 2 : MPSI/MPPremiumMise à jour 2026-08-15
Prérequis : cinématique du point, produit scalaire, équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants, distinction régime transitoire / régime permanent, notation complexe en régime sinusoïdal (pour la partie III). Matériel : rail à coussin d'air, masse et ressort étalonnés, pot vibrant piloté par GBF, capteur de position ; bobine (L), condensateur (C), résistance (R), GBF et centrale d'acquisition ; pendule de torsion de Pohl à frein à courants de Foucault.

Plan de leçon

  • Introduction : motivation par des exemples quotidiens (musique, structures) et historique du phénomène.
  • I. Le phénomène de résonance en milieu acoustique et mécanique (Terminale spé → CPGE 1) : mise en évidence qualitative sur un résonateur de Helmholtz puis sur un système masse-ressort, fréquence propre et amortissement au niveau du programme de terminale ; première montée en généralité au-delà de ce programme, avec le facteur de qualité \(Q\) et la résolution exacte à \(\omega = \omega_0\), sans notation complexe.
  • II. Modélisation mathématique et dynamique des oscillateurs forcés (CPGE 1 : MPSI/PCSI) : résolution par la méthode complexe, étude de l'amplitude en fonction de la pulsation, définition rigoureuse du facteur de qualité \(Q\) et de la bande passante.
  • III. Conditions d'existence et propriétés avancées de la résonance (MPSI/MP) : démonstration de la condition \(Q > 1/\sqrt{2}\) pour la résonance en élongation, étude du circuit RLC parallèle, analyse des surtensions et ouverture vers la spectroscopie.
  • Conclusion et ouverture : limites du modèle linéaire, dangers des résonances destructives (ponts), liens avec les ondes stationnaires.

Introduction

Imaginez la sensation d'une note de basse profonde qui fait vibrer les parois d'une salle de concert, ou le craquement soudain d'un verre en cristal sous l'effet d'une voix humaine. Ces phénomènes ne sont pas des coïncidences isolées : ils illustrent la résonance, un principe fondamental où un système physique, soumis à une excitation externe, "choisit" de répondre avec une intensité maximale pour une fréquence spécifique. De la conception des instruments de musique à la stabilité structurelle des ponts suspendus en passant par les technologies d'imagerie médicale comme l'IRM, la résonance est partout. Elle est le point de rencontre entre la dynamique des systèmes et la perception sensorielle humaine.

L'enjeu de cette leçon est de dépasser une vision purement descriptive pour comprendre la structure mathématique universelle qui régit ces phénomènes. Nous verrons que la résonance n'est pas une propriété exclusive d'un objet particulier, mais le comportement caractéristique d'une classe d'équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants avec un second membre sinusoïdal. En étudiant des systèmes de natures physiques radicalement différentes — acoustiques, mécaniques et électriques — nous mettrons en évidence la puissance de l'analogie physique : une même condition mathématique gouverne l'existence ou non d'un pic d'amplitude, quel que soit le milieu considéré.

Le fil conducteur de notre exposé suivra cette progression : nous débuterons par une approche qualitative et quantitative du phénomène à travers des résonateurs simples (acoustiques et mécaniques) pour ancrer les concepts de fréquence propre et d'amortissement. Nous modéliserons ensuite ces systèmes de manière rigoureuse en utilisant la méthode complexe, permettant de définir avec précision le facteur de qualité \(Q\) et la bande passante. Enfin, nous approfondirons les conditions critiques d'existence de la résonance en élongation et explorerons des configurations plus complexes comme le circuit RLC parallèle, avant d'ouvrir sur les applications technologiques et les dangers structurels liés à ces phénomènes.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est crucial de dissiper une confusion fréquente : on pense souvent que la résonance existe toujours pour toutes les grandeurs observées dès qu'un système est excité. C'est une erreur majeure. Si la résonance en vitesse (ou en intensité électrique) survient systématiquement à la pulsation propre \(\omega_0\), la résonance en élongation (ou en tension \(u_C\)) n'apparaît que si le système est suffisamment "peu amorti". En dessous d'un seuil critique de qualité, le pic de résonance disparaît totalement pour l'élongation, laissant place à une décroissance monotone. Cette distinction subtile mais fondamentale sera au cœur de notre analyse.

I. Le phénomène de résonance en milieu acoustique et mécanique (Terminale spé → CPGE 1)

Pour comprendre la résonance, il est pédagogiquement pertinent de commencer par des systèmes où le phénomène est directement perceptible par les sens : l'acoustique et la mécanique simple. Dans ces domaines, la résonance se manifeste par une amplification spectaculaire d'une grandeur physique (volume sonore ou amplitude de vibration) lorsqu'on excite le système à une fréquence proche de ses caractéristiques intrinsèques. Cette partie franchit un palier en cours de route, et il vaut mieux l'annoncer : la mise en évidence, la fréquence propre et l'amortissement relèvent du programme de terminale spécialité ; le facteur de qualité \(Q\), la résolution exacte à \(\omega = \omega_0\) et la mesure par largeur de bande passante n'y figurent pas et appartiennent déjà à la première année de CPGE. Ils sont introduits ici sans notation complexe, donc avec les seuls outils dont dispose un élève de terminale, ce qui permet de traiter la question qu'il pose spontanément après l'expérience — de combien le système amplifie-t-il ? — sans attendre la partie II.

Oscillateur libre : Système physique dont la grandeur d'état \(y(t)\) obéit à une équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants, sans terme source externe. Il décrit le régime transitoire où l'énergie initiale se dissipe.

À l'inverse, un oscillateur forcé est un système soumis à une excitation périodique continue. Mathématiquement, cela correspond à l'ajout d'un second membre sinusoïdal à l'équation du mouvement. C'est cette interaction entre la "pulsation propre" du système et la pulsation de l'excitation qui donne naissance au phénomène de résonance.

Pulsation propre \(\omega_0\) (rad·s⁻¹) : Pulsation du régime libre non amorti, correspondant à la racine de l'équation caractéristique homogène sans dissipation. En mécanique, elle est liée à la raideur \(k\) et à la masse \(m\) par \(\omega_0 = \sqrt{k/m}\).

Considérons d'abord un exemple acoustique classique : le résonateur de Helmholtz. C'est le principe physique qui permet à une bouteille soufflée de produire une note grave lorsqu'on souffle dans son goulot. Ici, l'air contenu dans la cavité agit comme un ressort (élasticité du volume d'air) et le col comme une masse d'air en mouvement.

La suite de cette leçon est réservée à l'accès complet

Développement complet des deux parties, illustrations expérimentales détaillées, questions d'entretien avec éléments de réponse, biblio commentée. L'accès ouvre les55 leçons et tous les corrigés d'annales jusqu'au 31/08/2027, à 99 € au lieu de 149 € jusqu'au 31 octobre 2026.

Le paiement ouvre prochainement : laissez votre adresse pour être prévenu·e.

Uniquement des nouvelles du site, jamais de partage de votre adresse, désinscription sur simple réponse à nos messages. Ce qu'on fait de vos données.

Voir le détail de l'accès complet

Une erreur, une question sur cette leçon ? Écrivez-nous.