Physique · Sujet officiel n°14 · Session 2027
Imaginez la sensation d'une note de basse profonde qui fait vibrer les parois d'une salle de concert, ou le craquement soudain d'un verre en cristal sous l'effet d'une voix humaine. Ces phénomènes ne sont pas des coïncidences isolées : ils illustrent la résonance, un principe fondamental où un système physique, soumis à une excitation externe, "choisit" de répondre avec une intensité maximale pour une fréquence spécifique. De la conception des instruments de musique à la stabilité structurelle des ponts suspendus en passant par les technologies d'imagerie médicale comme l'IRM, la résonance est partout. Elle est le point de rencontre entre la dynamique des systèmes et la perception sensorielle humaine.
L'enjeu de cette leçon est de dépasser une vision purement descriptive pour comprendre la structure mathématique universelle qui régit ces phénomènes. Nous verrons que la résonance n'est pas une propriété exclusive d'un objet particulier, mais le comportement caractéristique d'une classe d'équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants avec un second membre sinusoïdal. En étudiant des systèmes de natures physiques radicalement différentes — acoustiques, mécaniques et électriques — nous mettrons en évidence la puissance de l'analogie physique : une même condition mathématique gouverne l'existence ou non d'un pic d'amplitude, quel que soit le milieu considéré.
Le fil conducteur de notre exposé suivra cette progression : nous débuterons par une approche qualitative et quantitative du phénomène à travers des résonateurs simples (acoustiques et mécaniques) pour ancrer les concepts de fréquence propre et d'amortissement. Nous modéliserons ensuite ces systèmes de manière rigoureuse en utilisant la méthode complexe, permettant de définir avec précision le facteur de qualité \(Q\) et la bande passante. Enfin, nous approfondirons les conditions critiques d'existence de la résonance en élongation et explorerons des configurations plus complexes comme le circuit RLC parallèle, avant d'ouvrir sur les applications technologiques et les dangers structurels liés à ces phénomènes.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est crucial de dissiper une confusion fréquente : on pense souvent que la résonance existe toujours pour toutes les grandeurs observées dès qu'un système est excité. C'est une erreur majeure. Si la résonance en vitesse (ou en intensité électrique) survient systématiquement à la pulsation propre \(\omega_0\), la résonance en élongation (ou en tension \(u_C\)) n'apparaît que si le système est suffisamment "peu amorti". En dessous d'un seuil critique de qualité, le pic de résonance disparaît totalement pour l'élongation, laissant place à une décroissance monotone. Cette distinction subtile mais fondamentale sera au cœur de notre analyse.
Pour comprendre la résonance, il est pédagogiquement pertinent de commencer par des systèmes où le phénomène est directement perceptible par les sens : l'acoustique et la mécanique simple. Dans ces domaines, la résonance se manifeste par une amplification spectaculaire d'une grandeur physique (volume sonore ou amplitude de vibration) lorsqu'on excite le système à une fréquence proche de ses caractéristiques intrinsèques. Cette partie franchit un palier en cours de route, et il vaut mieux l'annoncer : la mise en évidence, la fréquence propre et l'amortissement relèvent du programme de terminale spécialité ; le facteur de qualité \(Q\), la résolution exacte à \(\omega = \omega_0\) et la mesure par largeur de bande passante n'y figurent pas et appartiennent déjà à la première année de CPGE. Ils sont introduits ici sans notation complexe, donc avec les seuls outils dont dispose un élève de terminale, ce qui permet de traiter la question qu'il pose spontanément après l'expérience — de combien le système amplifie-t-il ? — sans attendre la partie II.
À l'inverse, un oscillateur forcé est un système soumis à une excitation périodique continue. Mathématiquement, cela correspond à l'ajout d'un second membre sinusoïdal à l'équation du mouvement. C'est cette interaction entre la "pulsation propre" du système et la pulsation de l'excitation qui donne naissance au phénomène de résonance.
Considérons d'abord un exemple acoustique classique : le résonateur de Helmholtz. C'est le principe physique qui permet à une bouteille soufflée de produire une note grave lorsqu'on souffle dans son goulot. Ici, l'air contenu dans la cavité agit comme un ressort (élasticité du volume d'air) et le col comme une masse d'air en mouvement.
Développement complet des deux parties, illustrations expérimentales détaillées, questions d'entretien avec éléments de réponse, biblio commentée. L'accès ouvre les55 leçons et tous les corrigés d'annales jusqu'au 31/08/2027, à 99 € au lieu de 149 € jusqu'au 31 octobre 2026.
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