Épreuve écrite · Physique · Session 2024
Barème. Aucun barème officiel n'est publié pour cette épreuve : le rapport de jury 2024 ne donne que des remarques qualitatives par zone du sujet. Les points indiqués question par question ci-dessous sont une estimation de notre part, construite sur une base 100 (soit environ 1,4 point par question disciplinaire) et calée sur la seule donnée quantitative disponible, la déclaration de l'énoncé selon laquelle les 11 questions QP valent « environ vingt pour cent du total ». De même, le jury ne publie pas de corrigé pour la composition de physique 2024 : les solutions qui suivent sont entièrement rédigées et recalculées par nos soins à partir de l'énoncé officiel.
Situation support : un ballon à parois souples contient \(m_a = 1{,}3\ \mathrm{g}\) d'air occupant \(V_a = 1{,}0\ \mathrm{L}\) sous \(P_a = 1{,}0\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}\). Attaché à un bathyscaphe, il descend à plus de 10 000 m dans la fosse des Mariannes, où la pression vaut environ mille fois la pression atmosphérique. Le ballon s'y perce : l'air remonte-t-il ?
Pour une quantité de matière \(n\) de gaz parfait occupant le volume \(V\) à la pression \(P\) et à la température thermodynamique \(T\) :
Il est utile d'ajouter le contenu physique du modèle, car c'est lui qui sera mis en défaut à QP6 : un gaz parfait est un gaz dont les particules sont ponctuelles (volume propre négligeable) et sans interaction mutuelle autre que les chocs. La loi \(PV = nRT\) n'est pas un postulat mais la conséquence macroscopique de ces deux hypothèses.
Quantité de matière d'air contenue dans le ballon, avec \(M_{\mathrm{air}} = 29\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}\) :
\[ n_a = \frac{m_a}{M_{\mathrm{air}}} = \frac{1{,}3}{29} = 4{,}5\times 10^{-2}\ \mathrm{mol} \]D'où, en explicitant \(T_a\) dans la loi des gaz parfaits :
Soit \(T_a \approx 267\ \mathrm{K}\), c'est-à-dire environ \(-6\ ^\circ\mathrm{C}\). L'ordre de grandeur est cohérent avec une température d'air atmosphérique, ce qui valide a posteriori le jeu de données ; on ne conserve que deux chiffres significatifs, la donnée la moins précise (\(m_a = 1{,}3\ \mathrm{g}\)) en imposant deux.
Analyse dimensionnelle. Le nombre \(N_a\) de molécules dans le ballon vaut \(N_a = n_a N_{\mathcal{A}} = \dfrac{m_a}{M_{\mathrm{air}}}N_{\mathcal{A}}\), grandeur sans dimension. La quantité entre parenthèses est donc \(\dfrac{V_a}{N_a}\), rapport d'un volume par un nombre : sa dimension est celle d'un volume, \(\mathsf{L}^3\). Sa racine cubique a donc bien la dimension d'une longueur :
\[ \left[\left(\frac{V_a}{N_a}\right)^{1/3}\right] = \left(\mathsf{L}^{3}\right)^{1/3} = \mathsf{L} \]Interprétation. \(V_a/N_a\) est le volume moyen disponible par molécule. Si l'on se représente le gaz comme une répartition à peu près homogène de \(N_a\) molécules, chacune occupe en moyenne une petite cellule cubique de volume \(V_a/N_a\), donc d'arête \(d = (V_a/N_a)^{1/3}\). Deux molécules voisines étant au centre de deux cellules contiguës, \(d\) est bien l'ordre de grandeur de la distance moyenne entre molécules.
La loi des gaz parfaits fournit l'expression équivalente et physiquement parlante :
en utilisant \(P V = n R T = N k_B T\), soit \(V/N = k_B T/P\). Cette forme montre que \(d\) ne dépend que de l'état intensif du gaz, ni de sa quantité ni de sa nature : c'est ce qui en fait un critère universel de dilution.
Nombre de molécules dans le ballon :
\[ N_a = n_a N_{\mathcal{A}} = 4{,}5\times 10^{-2}\times 6{,}02\times 10^{23} = 2{,}7\times 10^{22} \]d'où le volume moyen par molécule, puis la distance :
\[ \frac{V_a}{N_a} = \frac{1{,}0\times 10^{-3}}{2{,}7\times 10^{22}} = 3{,}7\times 10^{-26}\ \mathrm{m^3} \]Comparaison. La portée des interactions intermoléculaires (forces de van der Waals) est de l'ordre de la taille des molécules elles-mêmes, soit quelques dixièmes de nanomètre : on retient \(a \sim 0{,}3\ \mathrm{nm}\). Le rapport vaut donc
\[ \frac{d}{a} \approx \frac{3{,}3}{0{,}3} \sim 10 \]Les molécules sont, en moyenne, dix fois plus éloignées les unes des autres que la portée de leurs interactions. Le volume propre du gaz réel ne représente qu'environ \((a/d)^3 \sim 10^{-3}\) du volume total. Les deux hypothèses du modèle du gaz parfait sont donc excellemment vérifiées dans les conditions ordinaires, ce qui est précisément le point que le professeur veut faire construire aux élèves — pour mieux le faire tomber à 10 000 m de profondeur.
Résolution intégrale des parties suivantes, commentaires « attendus du jury » sourcés, barème détaillé. L'accès ouvre tous les corrigés et les 55 leçons jusqu'au31/08/2027, à 99 € au lieu de 149 € jusqu'au 31 octobre 2026.
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