Épreuve écrite · Physique · Session 2021
Le modèle est réduit à une dent mobile de masse \(m = 0{,}14\times 10^{-9}\ \mathrm{kg}\), rappelée vers sa position de repos par deux ressorts identiques de raideur \(k = 1{,}2\ \mathrm{N\,m^{-1}}\) et de longueur à vide \(\ell_0\), et freinée par deux amortisseurs de coefficient \(\alpha = 4{,}5\times 10^{-6}\ \mathrm{kg\,s^{-1}}\). L'axe \((O\vec{u}_x)\) est lié au bâti de l'accéléromètre, l'origine \(O\) coïncidant avec la position de \(M\) au repos dans ce bâti ; \(x(t)\) repère le centre de masse de \(M\) sur cet axe.
Deux référentiels interviennent, et c'est le point de rigueur de toute la partie : le référentiel du laboratoire \(\mathcal{R}_{\mathrm{lab}}\), supposé galiléen, et le référentiel du bâti \(\mathcal{R}_{\mathrm{b}}\), en translation par rapport au précédent avec l'accélération d'entraînement \(\vec{a}_e(t) = a_e(t)\,\vec{u}_x\). C'est dans \(\mathcal{R}_{\mathrm{b}}\), non galiléen, qu'on étudie le mouvement, puisque c'est le déplacement relatif de la masse par rapport au bâti que l'électronique sait mesurer.
Au repos (\(x = 0\)), l'énoncé précise que la longueur de chaque ressort vaut \(\ell_0\), c'est-à-dire sa longueur à vide : aucun des deux n'est précontraint, ce qui est l'hypothèse qui fait tomber tous les termes constants.
Ressort 1 (à gauche de \(M\), accroché au bâti). Quand \(M\) se déplace de \(x > 0\) vers la droite, ce ressort s'allonge : sa longueur devient \(\ell_1(t) = \ell_0 + x(t)\). Un ressort allongé tire la masse vers lui, donc vers les \(x\) décroissants :
\[ \vec{F}_1 = -k\left(\ell_1(t) - \ell_0\right)\vec{u}_x = -k\,x(t)\,\vec{u}_x \]Ressort 2 (à droite de \(M\)). Le même déplacement le comprime : \(\ell_2(t) = \ell_0 - x(t)\). Un ressort comprimé pousse la masse loin de lui, donc là encore vers les \(x\) décroissants :
\[ \vec{F}_2 = +k\left(\ell_2(t) - \ell_0\right)\vec{u}_x = -k\,x(t)\,\vec{u}_x \]Les deux expressions coïncident, et c'est normal : le dispositif est symétrique, et les deux ressorts agissent en parallèle mécaniquement. Leurs raideurs s'ajoutent.
Le résultat est valable quel que soit le signe de \(x\) : pour \(x<0\) les rôles des deux ressorts s'échangent, et l'expression, linéaire et impaire, reste la même. C'est exactement ce que signifie « établir soigneusement » dans l'énoncé : il faut avoir traité l'allongement et la compression, pas seulement invoqué \(F = -kx\).
Le référentiel du bâti est en translation (non rectiligne uniforme) par rapport au laboratoire : son vecteur rotation est nul, donc la force d'inertie de Coriolis est nulle et il ne subsiste que la force d'inertie d'entraînement. De plus, en translation, l'accélération d'entraînement d'un point coïncidant est la même pour tous les points : c'est \(\vec{a}_e(t)\).
Le signe moins est le cœur du dispositif : c'est parce que la masse « part en arrière » quand le bâti accélère vers l'avant qu'un déplacement relatif apparaît et qu'il y a quelque chose à mesurer.
Système : la dent mobile \(M\), de masse \(m\), assimilée à un point matériel. Référentiel : \(\mathcal{R}_{\mathrm{b}}\), lié au bâti, non galiléen. Bilan des forces : les deux forces de rappel, la résultante des amortisseurs \(\vec{F}_{\mathrm{tot}} = -2\alpha\,\dfrac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\,\vec{u}_x\), la force d'inertie d'entraînement, et enfin le poids et la réaction du guidage, qui se compensent et sont orthogonaux à \(\vec{u}_x\) — ils disparaissent à la projection.
Le principe fondamental de la dynamique dans \(\mathcal{R}_{\mathrm{b}}\), projeté sur \(\vec{u}_x\) :
\[ m\,\frac{\mathrm{d}^2 x(t)}{\mathrm{d}t^2} = -2k\,x(t) - 2\alpha\,\frac{\mathrm{d}x(t)}{\mathrm{d}t} - m\,a_e(t) \]Contrôle d'homogénéité immédiat : chaque terme est en \(\mathrm{m\,s^{-2}}\), et le second membre est bien une accélération. C'est l'équation d'un oscillateur harmonique amorti excité par sa base — le même objet mathématique qu'un sismomètre, ce qui justifie le nom de « masse sismique ».
L'identification terme à terme avec la forme canonique \(\ddot{x} + \dfrac{\omega_0}{Q}\dot{x} + \omega_0^2 x = -a_e\) donne \(\omega_0^2 = \dfrac{2k}{m}\) et \(\dfrac{\omega_0}{Q} = \dfrac{2\alpha}{m}\), d'où :
\(Q\) est bien sans dimension : \(\sqrt{2km}\) est en \(\sqrt{\mathrm{N\,m^{-1}\cdot kg}} = \mathrm{kg\,s^{-1}}\), homogène à \(\alpha\). Le vérifier coûte une ligne et sécurise la suite.
On pose \(a_e(t) = A\cos(\omega t)\), soit \(\underline{a_e}(t) = A\,\mathrm{e}^{\,\mathrm{j}\omega t}\), et on cherche le régime sinusoïdal forcé établi sous la forme \(\underline{x}(t) = \underline{X}(\omega)\,\mathrm{e}^{\,\mathrm{j}\omega t}\). La dérivation temporelle devient une multiplication par \(\mathrm{j}\omega\), et l'équation (1) donne, après simplification par \(\mathrm{e}^{\,\mathrm{j}\omega t}\) qui ne s'annule jamais :
\[ \left(-\omega^2 + \mathrm{j}\,\frac{\omega\omega_0}{Q} + \omega_0^2\right)\underline{X}(\omega) = -A \]C'est, à une constante près, la fonction de transfert d'un passe-bas du second ordre : gain constant \(1/\omega_0^2\) en basse fréquence, décroissance asymptotique en \(-40\ \mathrm{dB/décade}\) en haute fréquence.
\(\left|\underline{H}\right|\) est maximal quand le dénominateur \(D(\omega) = \left(\omega_0^2-\omega^2\right)^2 + \dfrac{\omega^2\omega_0^2}{Q^2}\) est minimal. On dérive par rapport à \(\omega^2\) (variable plus commode que \(\omega\)) :
\[ \frac{\mathrm{d}D}{\mathrm{d}(\omega^2)} = -2\left(\omega_0^2-\omega^2\right) + \frac{\omega_0^2}{Q^2} = 0 \quad \Longleftrightarrow \quad \omega^2 = \omega_0^2\left(1 - \frac{1}{2Q^2}\right) \]Cette solution n'est acceptable (c'est-à-dire réelle et strictement positive) que si \(1 - \dfrac{1}{2Q^2} > 0\), soit \(Q > \dfrac{1}{\sqrt{2}}\).
Si \(Q \le \dfrac{1}{\sqrt{2}}\) : \(\left|\underline{H}\right|\) est une fonction monotone décroissante de la fréquence. L'amplitude du déplacement ne fait que diminuer quand la fréquence de l'accélération augmente.
Si \(Q > \dfrac{1}{\sqrt{2}}\) : il y a résonance d'élongation. L'amplitude croît jusqu'à \(\omega_r = \omega_0\sqrt{1 - \dfrac{1}{2Q^2}}\), puis décroît en \(-40\ \mathrm{dB/décade}\).
La marche humaine a une fréquence fondamentale de l'ordre de \(1\) à \(2\ \mathrm{Hz}\), et son contenu harmonique utile ne dépasse pas quelques dizaines de hertz. C'est très inférieur à la fréquence propre du microsystème (\(f_0 \approx 21\ \mathrm{kHz}\), calculée à Q7). On est donc dans le régime quasi statique \(\omega \ll \omega_0\), où le dénominateur se réduit à son terme constant :
Le déplacement relatif est alors proportionnel à l'accélération, sans déphasage ni distorsion : le capteur est linéaire et instantané. La condition est que tout le contenu spectral de \(a_e(t)\), fondamental et harmoniques, soit contenu dans la bande où le gain est plat, c'est-à-dire \(\omega \ll \omega_0\). Si une composante spectrale approchait \(\omega_0\), elle serait amplifiée par la résonance et déphasée : le signal mesuré ne serait plus l'image fidèle de \(a_e(t)\).
Remarquons le sens physique du signe : quand le bâti accélère vers les \(x\) croissants, la masse recule dans le référentiel du bâti. Et le facteur \(m/2k\) dit qu'un capteur sensible demande une masse grande et des ressorts mous — au prix d'une bande passante réduite, puisque \(\omega_0\) diminue. C'est l'arbitrage central de la conception d'un accéléromètre.
Applications numériques. Avec \(m = 0{,}14\times 10^{-9}\ \mathrm{kg}\), \(k = 1{,}2\ \mathrm{N\,m^{-1}}\) et \(\alpha = 4{,}5\times 10^{-6}\ \mathrm{kg\,s^{-1}}\) :
\[ \omega_0 = \sqrt{\frac{2\times 1{,}2}{0{,}14\times 10^{-9}}} = 1{,}3\times 10^{5}\ \mathrm{rad\,s^{-1}} \qquad ; \qquad f_0 = \frac{1{,}3\times 10^{5}}{2\pi} = 2{,}1\times 10^{4}\ \mathrm{Hz} \] \[ Q = \frac{\sqrt{2\times 1{,}2\times 0{,}14\times 10^{-9}}}{2\times 4{,}5\times 10^{-6}} = 2{,}0 \]Comparaison avec le composant réel. La courbe de réponse de l'ADXL1001 présente un pic marqué autour de \(20\ \mathrm{kHz}\) : l'accord avec le modèle à deux ressorts et deux amortisseurs est excellent, à mieux que \(10\ \%\). Le fait même qu'un pic existe impose \(Q > 1/\sqrt{2}\) (Q5) ; la hauteur du pic par rapport au plateau basse fréquence donne l'ordre de grandeur : pour un second ordre, le facteur de surtension vaut \(\dfrac{Q}{\sqrt{1-1/(4Q^2)}}\), soit environ \(Q\) dès que \(Q\) dépasse quelques unités. Un pic à quelques unités au-dessus de la valeur statique correspond donc à \(Q\) de l'ordre de quelques unités, en accord avec \(Q \approx 2\).
Domaine d'utilisation. Le composant ne s'emploie que dans la zone où le gain ne dépend pas de la fréquence, c'est-à-dire bien en deçà de la résonance : typiquement \(f \lesssim 10^{3}\ \mathrm{Hz}\), soit à peu près \(f_0/20\). Au-delà, la réponse commence à remonter et la mesure serait biaisée par un facteur dépendant de la fréquence.
Origine de la limitation à \(\pm 100\,\mathcal{g}\). À \(100\,\mathcal{g}\), le déplacement quasi statique vaut
\[ x_{\max} = \frac{100\times 9{,}8}{1{,}7\times 10^{10}} = 5{,}8\times 10^{-8}\ \mathrm{m} \]soit \(58\ \mathrm{nm}\), à comparer à \(d = 0{,}65\ \mathrm{\mu m}\) : la dent mobile parcourt déjà près de \(10\ \%\) de l'espace inter-électrodes. Deux limites apparaissent ensemble. (1) Mécanique : la loi de Hooke \(\vec{F}_1+\vec{F}_2 = -2kx\,\vec{u}_x\) n'est valable que dans le domaine élastique linéaire des microstructures de rappel ; au-delà, des termes non linéaires en \(x^2, x^3\) apparaissent, l'étalonnage se fausse, et une déformation plastique ou une rupture devient possible. (2) Électrique : la relation entre capacité et déplacement n'est linéarisable que pour \(x \ll d\) (Q15), et la butée mécanique à \(x = d\) est atteinte pour \(a_e \approx 10^{3}\,\mathcal{g}\). Le constructeur borne donc la gamme bien avant.
Cadrage de niveau. On est en classe de troisième, cycle 4. L'extrait de programme fourni (annexe 2) ne mentionne aucun outil statistique : ni moyenne au sens métrologique, ni écart type, ni incertitude type. Ce qui y figure, c'est « mesurer des grandeurs physiques de manière directe ou indirecte », « interpréter des résultats expérimentaux, en tirer des conclusions et les communiquer en argumentant » et « développer des modèles simples ». L'incertitude doit donc être abordée qualitativement, par la dispersion constatée, avec des mots d'élèves : « on ne retrouve pas exactement la même valeur », « les résultats sont groupés entre telle et telle valeur ».
Expérience 1 (smartphone, application phyphox). L'élève lit une courbe qui fluctue au cours du temps, entre environ \(9{,}80\) et \(9{,}835\ \mathrm{m\,s^{-2}}\) sur la copie d'écran. Exploitation possible en classe : faire constater que la valeur affichée n'est pas unique et change d'un instant à l'autre, donc qu'une mesure isolée ne suffit pas ; faire relever la valeur la plus petite et la plus grande ; conclure que \(\mathcal{g}\) est « connu à quelques centièmes près » avec cet appareil. On peut aussi comparer les écrans obtenus par les différents groupes, ce qui introduit la notion de variabilité entre expérimentateurs sans jamais prononcer le mot « écart type ».
Expérience 2 (dynamomètre et masses marquées). Elle est de nature différente : c'est une mesure indirecte, qui passe par un modèle, la proportionnalité \(P = m\mathcal{g}\). Trois sources de dispersion s'y ajoutent : la lecture de l'aiguille du dynamomètre, la qualité des masses marquées, et le tracé de la droite moyenne. Exploitation possible : faire tracer, sur le graphique \(P = f(m)\), deux droites extrêmes passant encore raisonnablement par les points, et lire les deux pentes correspondantes ; c'est une entrée graphique et concrète dans l'idée d'intervalle. Puis exploiter les \(13\) valeurs de la classe :
\[ \overline{\mathcal{g}} = \frac{127{,}0}{13} = 9{,}77\ \mathrm{m\,s^{-2}} \qquad \text{avec des valeurs s'étalant de } 9{,}6 \text{ à } 9{,}9\ \mathrm{m\,s^{-2}} \]Formulation accessible en troisième : « la classe trouve \(\mathcal{g} \approx 9{,}8\ \mathrm{m\,s^{-2}}\), toutes les valeurs étant comprises entre \(9{,}6\) et \(9{,}9\ \mathrm{m\,s^{-2}}\) ». La comparaison des deux expériences montre que les deux méthodes s'accordent, et que la seconde est plus dispersée que la première — ce qui donne du sens à l'idée que la qualité d'une mesure dépend de l'instrument et du protocole.
L'affirmation est à justifier, pas à réfuter. Un pèse-lettre ou un pèse-personne contiennent un élément déformable (ressort, lame équipée de jauges de contrainte, quartz piézoélectrique). Ce qu'ils mesurent est la force exercée par l'objet sur le plateau, c'est-à-dire la valeur du poids \(P\). L'affichage en grammes ou en kilogrammes résulte d'une conversion interne par le constructeur, qui divise par une valeur de \(\mathcal{g}\) fixée une fois pour toutes.
La conséquence est spectaculaire et parlante pour un élève : le même pèse-personne, emporté sur la Lune, afficherait environ six fois moins, alors que la masse de la personne n'a pas changé d'un gramme. L'appareil mesure une force, pas une quantité de matière. C'est exactement la distinction poids/masse inscrite au programme du cycle 4 (annexe 2 : « Pesanteur sur Terre et sur la Lune, différence entre poids et masse (unités) »).
Méthode de mesure directe : la balance à deux plateaux (balance Roberval), avec un jeu de masses marquées. On égalise les deux plateaux : à l'équilibre, les deux poids sont égaux, donc \(m_{\mathrm{objet}}\,\mathcal{g} = m_{\mathrm{marquées}}\,\mathcal{g}\), et \(\mathcal{g}\) se simplifie. On compare une masse inconnue à des masses connues : le résultat est indépendant du lieu, et resterait identique sur la Lune. C'est une mesure directe au sens métrologique.
Le plan chargé est pris comme plan \((O'yz)\), \(\vec{u}_x\) lui étant normal.
Invariances. La distribution est invariante par toute translation parallèle au plan, selon \(\vec{u}_y\) comme selon \(\vec{u}_z\). D'après le principe de Curie, les causes engendrant des effets au moins aussi symétriques qu'elles, le champ possède les mêmes invariances : \(\vec{E}\) ne dépend que de \(x\).
Symétries. Tout plan contenant \(\vec{u}_x\) (par exemple \((Mxy)\) et \((Mxz)\)) est plan de symétrie de la distribution de charges. Le champ électrostatique est un vrai vecteur (vecteur polaire) : il appartient à tout plan de symétrie passant par le point considéré. Appartenant simultanément à deux plans de symétrie distincts, il appartient à leur intersection, qui est la droite dirigée par \(\vec{u}_x\).
Relation entre les deux demi-espaces. Le plan chargé lui-même est plan de symétrie de la distribution. Par une symétrie plane par rapport à ce plan, un vrai vecteur voit sa composante normale au plan changée en son opposée, tandis que le point \(M(x)\) est envoyé sur \(M'(-x)\). Le champ étant précisément normal au plan :
La fonction \(E(x)\) est donc impaire. C'est cette relation, et elle seule, qui permettra de sortir le champ du flux à Q12 : sans elle, deux inconnues indépendantes subsisteraient.
où \(\Sigma\) est une surface fermée quelconque (dite surface de Gauss), \(\mathrm{d}\vec{S}\) est orienté vers l'extérieur de \(\Sigma\), et \(Q_{\text{int}}\) est la charge totale contenue à l'intérieur du volume délimité. Les charges extérieures créent un champ en tout point mais ne contribuent pas au flux total.
Surface choisie : un cylindre droit d'axe \(O'x\), de section \(S\), dont les deux bases planes sont situées aux abscisses \(-x\) et \(+x\) (avec \(x>0\)), symétriquement de part et d'autre du plan chargé. La surface latérale est engendrée par des génératrices parallèles à \(\vec{u}_x\).
Le flux se décompose en trois contributions :
Le flux total vaut donc \(2E(x)S\). La charge intérieure est celle portée par le disque de surface \(S\) découpé sur le plan, soit \(Q_{\text{int}} = \sigma S\). Le théorème de Gauss donne \(2E(x)S = \dfrac{\sigma S}{\varepsilon_0}\), et \(S\) se simplifie — ce qui était attendu, puisque le résultat ne peut pas dépendre de la surface arbitraire choisie.
Le champ est uniforme dans chaque demi-espace, dirigé du plan vers l'infini puisque \(\sigma > 0\), et subit une discontinuité de \(\sigma/\varepsilon_0\) à la traversée de la nappe chargée : c'est la relation de passage générale, retrouvée ici sur un cas particulier.
Les deux armatures portent \(+\sigma\) et \(-\sigma\), et les effets de bord sont négligés (\(S \gg \delta^2\)) : chacune est assimilable à un plan infini, dont on connaît le champ. L'électrostatique étant linéaire, les champs s'additionnent.
Orientons \(\vec{u}_x\) de l'armature \(+\sigma\) vers l'armature \(-\sigma\). Entre les armatures :
À l'extérieur, les deux contributions se retranchent exactement : le champ est nul, ce qui est la propriété de confinement du condensateur plan.
Capacité. La différence de potentiel entre l'armature positive et l'armature négative vaut, le champ étant uniforme :
\[ U = V_+ - V_- = \int_{+}^{-} \vec{E}\cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = \frac{\sigma}{\varepsilon_0}\,\delta \]La charge portée par l'armature positive est \(q = \sigma S\), et par définition \(C = q/U\) :
Homogénéité : \(\varepsilon_0\) est en \(\mathrm{F\,m^{-1}}\), donc \(\varepsilon_0 S/\delta\) est bien en farads. Sens physique : la capacité croît quand les armatures se rapprochent — c'est précisément ce qui rend un condensateur utilisable comme capteur de déplacement.
La surface en regard de deux dents est le produit de la hauteur par la profondeur :
\[ S = p\,h = 2{,}0\times 10^{-6}\times 130\times 10^{-6} = 2{,}6\times 10^{-10}\ \mathrm{m^2} \]Les dimensions vérifient \(S \gg d^2\) (ici \(d^2 \approx 4\times 10^{-13}\ \mathrm{m^2}\), soit trois ordres de grandeur en dessous de \(S\)) : le modèle du condensateur plan infini s'applique, et le résultat de Q13 se transpose en remplaçant \(\delta\) par la distance instantanée entre les armatures. Pour le premier condensateur, cette distance vaut \(d + x(t)\) :
Application numérique pour \(x = 0\), avec \(d = 0{,}65\ \mathrm{\mu m}\) et \(\varepsilon_0 = 8{,}85\times 10^{-12}\ \mathrm{F\,m^{-1}}\) :
\[ C_1(0) = \frac{8{,}85\times 10^{-12}\times 2{,}6\times 10^{-10}}{0{,}65\times 10^{-6}} = 3{,}5\times 10^{-15}\ \mathrm{F} \]Commentaire, et c'est ici qu'on applique la consigne du jury de comparer toute grandeur à un étalon. Quelques femtofarads, c'est mille fois moins que la plus petite capacité discrète d'un catalogue de composants (le picofarad), et surtout c'est très inférieur aux capacités parasites des pistes, connexions et entrées d'amplificateur, qui atteignent aisément quelques picofarads. Deux conséquences de conception, toutes deux visibles sur la figure 1 du sujet et dans la suite du problème : (1) on multiplie les dents en peigne pour mettre en parallèle des centaines de condensateurs élémentaires et remonter à une capacité exploitable ; (2) on ne mesure jamais \(C_1\) seule, mais la différence relative entre \(C_1\) et \(C_2\), dans laquelle les parasites communs se compensent au premier ordre. C'est tout l'objet de la partie C.
On met les deux expressions au même dénominateur \(d^2 - x^2\) :
\[ C_1 - C_2 = \varepsilon_0 S\left(\frac{1}{d+x} - \frac{1}{d-x}\right) = \varepsilon_0 S\,\frac{-2x}{d^2-x^2} \qquad ; \qquad C_1 + C_2 = \varepsilon_0 S\,\frac{2d}{d^2-x^2} \]Ce résultat est remarquable et mérite un commentaire, car il porte tout le dispositif : le rapport est rigoureusement linéaire en \(x\), sans aucune approximation de type \(x \ll d\), et surtout il ne dépend plus ni de \(\varepsilon_0\), ni de \(S\), ni d'aucune caractéristique géométrique autre que \(d\). La mesure différentielle élimine donc d'un coup les dérives de surface, la permittivité (et donc l'humidité résiduelle), et la valeur absolue des capacités parasites symétriques. C'est la raison d'être de l'architecture à deux condensateurs et du montage de la partie C, dont toute la fonction sera d'extraire électroniquement ce rapport.
Le principe : on excite les deux condensateurs par deux signaux carrés en opposition de phase à \(f_0' = 200\ \mathrm{kHz}\), très au-dessus du contenu spectral de l'accélération, puis on démodule. C'est une détection synchrone, et la reconnaître dès la lecture de la figure 6 fait gagner beaucoup de temps sur Q17 à Q27.
Le signal vaut \(V_M\) pendant une demi-période et \(0\) pendant l'autre :
\[ \langle V_1 \rangle = \frac{1}{T}\int_0^{T} V_1(t)\,\mathrm{d}t = \frac{1}{T}\left(V_M \times \frac{T}{2} + 0 \times \frac{T}{2}\right) \]La figure 7(b) donne le spectre du carré : une composante continue, un fondamental à \(f_0'\) d'amplitude \(2V_M/\pi\), puis les harmoniques impairs \(3f_0', 5f_0', \ldots\) d'amplitudes décroissantes en \(1/n\). L'énoncé autorise à négliger tout ce qui est au-delà du fondamental, puisque les bandes passantes des composants ne les transmettent pas. Il reste la valeur moyenne calculée à Q16 et le fondamental :
Pour \(V_2\), le retard d'une demi-période se traduit sur le fondamental par un déphasage de \(\pi\), car \(\Omega \dfrac{T}{2} = 2\pi f_0' \dfrac{T}{2}= \pi\) :
\[ \sin\left(\Omega\left(t - \frac{T}{2}\right)\right) = \sin(\Omega t - \pi) = -\sin(\Omega t) \]La valeur moyenne, elle, est inchangée par un décalage temporel. D'où :
Les deux excitations sont donc en opposition de phase autour de la même valeur moyenne. C'est cette antisymétrie qui fera apparaître la différence \(C_1 - C_2\) et non leur somme dans la suite.
Tous les courants sont orientés vers le nœud \(A\), en convention récepteur pour chaque dipôle traversé. En régime sinusoïdal forcé à la pulsation \(\Omega\), l'impédance d'un condensateur est \(\underline{Z}_C = \dfrac{1}{\mathrm{j}C\Omega}\), donc son admittance est \(\underline{Y}_C = \mathrm{j}C\Omega\), et le courant s'obtient en multipliant la tension par l'admittance :
La branche \(i_4\) relie \(A\) à la masse, d'où le potentiel nul à son autre extrémité ; la branche \(i_3\) relie \(A\) à l'alimentation continue \(+V_M\). Les courants d'entrée du multiplieur sont nuls par hypothèse (impédance d'entrée très grande), donc aucune autre branche ne prélève de courant en \(A\).
La loi des nœuds en \(A\), avec les quatre courants orientés vers \(A\), s'écrit \(\underline{i}_1 + \underline{i}_2 + \underline{i}_3 + \underline{i}_4 = 0\), soit :
\[ \mathrm{j}C_1\Omega\left(\underline{V}_1-\underline{V}_3\right) + \mathrm{j}C_2\Omega\left(\underline{V}_2-\underline{V}_3\right) + \frac{V_M-\underline{V}_3}{R} - \frac{\underline{V}_3}{R} = 0 \]On repasse en temporel en utilisant la correspondance \(\mathrm{j}\Omega \longleftrightarrow \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\), valable terme à terme puisque l'équation est linéaire à coefficients constants — c'est exactement l'argument que l'énoncé invoque quand il annonce que « l'équation obtenue reste vraie pour tout type de signal » :
\[ C_1\frac{\mathrm{d}\left(V_1-V_3\right)}{\mathrm{d}t} + C_2\frac{\mathrm{d}\left(V_2-V_3\right)}{\mathrm{d}t} + \frac{V_M - 2V_3}{R} = 0 \]Noter que les deux résistances \(R\) en parallèle vues du nœud \(A\) donnent le terme \(2V_3/R\) : le pont diviseur impose au repos \(V_3 = V_M/2\), ce qui polarise le montage à mi-alimentation. C'est une architecture d'électronique à alimentation unique, très courante dans les circuits intégrés de capteurs.
On divise (2) par \(C_1+C_2\). Le terme de gauche fait apparaître \(\dfrac{2}{R(C_1+C_2)} = \dfrac{1}{\tau}\). À droite, les deux dérivées des constantes \(V_M/2\) s'annulent, et les termes en sinus se regroupent :
\[ \frac{C_1\,V_{01}\,\Omega\cos(\Omega t) - C_2\,V_{01}\,\Omega\cos(\Omega t)}{C_1+C_2} = \frac{C_1-C_2}{C_1+C_2}\,\Omega V_{01}\cos(\Omega t) \]Enfin \(\dfrac{V_M}{R(C_1+C_2)} = \dfrac{V_M}{2\tau}\).
\(\tau\) est bien un temps (produit d'une résistance par une capacité), et l'information cherchée, \(\dfrac{C_1-C_2}{C_1+C_2} = -\dfrac{x}{d}\), apparaît désormais isolée en facteur du terme d'excitation. Toute la suite consiste à l'extraire.
1. Extinction du transitoire. La solution générale de l'équation homogène est \(V_3^{\text{hom}}(t) = \Lambda\,\mathrm{e}^{-t/\tau}\), avec \(\tau = 1{,}0\ \mathrm{ms}\). Au bout de \(5\tau = 5\ \mathrm{ms}\), elle est réduite au facteur \(\mathrm{e}^{-5} \approx 7\times 10^{-3}\), soit moins d'un pour cent de sa valeur initiale : elle est négligeable. Au-delà de \(5\ \mathrm{ms}\), seule subsiste la solution particulière, c'est-à-dire le régime forcé établi.
2. Régime établi, terme par terme. L'équation étant linéaire, on superpose les réponses aux deux termes du second membre.
Terme constant : une solution particulière constante \(V_3 = \mathrm{cte}\) vérifie \(\dfrac{\mathrm{cte}}{\tau} = \dfrac{V_M}{2\tau}\), d'où la composante continue \(\dfrac{V_M}{2}\).
Terme sinusoïdal : en notation complexe, avec \(\underline{M} = \dfrac{C_1-C_2}{C_1+C_2}V_{01}\),
\[ \left(\mathrm{j}\Omega + \frac{1}{\tau}\right)\underline{V_3} = \underline{M}\,\Omega \qquad \Longrightarrow \qquad \underline{V_3} = \underline{M}\,\frac{\Omega\tau}{1+\mathrm{j}\Omega\tau} \]Or, numériquement,
\[ \Omega\tau = 2\pi \times 200\times 10^{3}\times 1{,}0\times 10^{-3} = 1{,}3\times 10^{3} \gg 1 \]donc \(\dfrac{\Omega\tau}{1+\mathrm{j}\Omega\tau} \simeq \dfrac{1}{\mathrm{j}} = -\mathrm{j}\), et multiplier par \(-\mathrm{j}\) revient à retarder de \(\pi/2\) : \(\cos(\Omega t)\) devient \(\sin(\Omega t)\).
Le circuit se comporte, vis-à-vis de l'excitation à \(\Omega\), comme un intégrateur : c'est ce qui transforme le \(\cos\) de l'équation (3) en \(\sin\) et fait disparaître le facteur \(\Omega\), donc toute dépendance en fréquence. Physiquement, à \(\Omega\tau \gg 1\) l'impédance des condensateurs est faible devant \(R\) : le nœud \(A\) suit la répartition capacitive, et l'amplitude ne dépend plus que du rapport des capacités. On voit ici le second bénéfice de la mesure différentielle.
Le multiplieur délivre \(V_4(t) = K\,V_3(t)\,V_1(t)\). En posant \(\kappa = \dfrac{C_1-C_2}{C_1+C_2}\) pour alléger :
\[ V_4(t) = K\left[\kappa V_{01}\sin(\Omega t) + \frac{V_M}{2}\right]\left[\frac{V_M}{2} + V_{01}\sin(\Omega t)\right] \] \[ V_4(t) = K\left[\left(\frac{V_M}{2}\right)^{2} + \frac{V_M}{2}V_{01}\sin(\Omega t) + \kappa\frac{V_M}{2}V_{01}\sin(\Omega t) + \kappa V_{01}^{2}\sin^{2}(\Omega t)\right] \]On linéarise le carré avec \(\sin^2(\Omega t) = \dfrac{1}{2} - \dfrac{1}{2}\cos(2\Omega t)\), et l'on regroupe par fréquence. Trois composantes seulement apparaissent, exactement comme sur la figure 8 :
Composante continue (pulsation nulle)
\[ A = K\left[\left(\frac{V_M}{2}\right)^{2} + \frac{C_1-C_2}{C_1+C_2}\,\frac{V_{01}^{2}}{2}\right] \]Composante à \(\Omega\)
\[ B = K\,\frac{V_M}{2}\,V_{01}\left(1 + \frac{C_1-C_2}{C_1+C_2}\right) = K\,V_M V_{01}\,\frac{C_1}{C_1+C_2} \]Composante à \(2\Omega\)
\[ C = -K\,\frac{V_{01}^{2}}{2}\,\frac{C_1-C_2}{C_1+C_2} \]C'est le cœur de la méthode : l'information utile a été translatée de la fréquence \(\Omega\) vers la fréquence nulle. Le terme \(A\) contient \(\kappa\), donc \(x(t)\), dans une composante continue, alors que le bruit et les parasites du montage restent à \(\Omega\) et \(2\Omega\), où un simple passe-bas les éliminera. On notera que \(C = -A + K(V_M/2)^2\) au signe près du terme constant : les amplitudes \(A\) et \(C\) portent la même information, le spectre de la figure 8 est donc cohérent avec \(B\) nettement plus grand que \(A\) et \(C\) tant que \(|x| \ll d\).
\(20\log_{10}\left|\dfrac{V_5}{V_4}\right| = +20\ \mathrm{dB}\) correspond à un gain en tension de \(10\).
Montage non inverseur : l'entrée non inverseuse reçoit \(V_4\), le pont diviseur \(R_1\) (vers la masse) et \(R_2\) (vers la sortie) ramène une fraction de \(V_5\) sur l'entrée inverseuse. L'ALI idéal en régime linéaire impose \(\varepsilon = 0\), d'où
\[ V_5 = \left(1 + \frac{R_2}{R_1}\right)V_4 = 10\,V_4 \qquad \text{soit} \qquad R_2 = 9\,R_1 \]Par exemple \(R_1 = 1{,}0\ \mathrm{k\Omega}\) et \(R_2 = 9{,}0\ \mathrm{k\Omega}\).
La rétroaction est bien ramenée sur l'entrée inverseuse : c'est la condition de stabilité du fonctionnement linéaire. Un montage inverseur de gain \(-10\) (avec \(R_2 = 10R_1\)) conviendrait également, au prix d'une inversion de signe et d'une impédance d'entrée finie égale à \(R_1\).
L'autre intérêt, qui est la vraie question : l'adaptation d'impédance. La sortie d'un ALI a une impédance de sortie très faible (quelques ohms, idéalement nulle), et son entrée non inverseuse une impédance d'entrée très grande. Le montage se comporte donc en étage tampon : il ne charge pas le multiplieur en amont, et il attaque le filtre \(R_fC_f\) en aval comme le ferait une source de tension idéale. Conséquence pratique décisive : la fonction de transfert du filtre RC, calculée à vide à Q24, reste valable une fois le filtre connecté, et l'on peut multiplier les fonctions de transfert des étages en cascade. Sans ce tampon, le filtre chargerait le multiplieur et la mise en cascade serait fausse.
Le courant d'entrée de l'étage suivant étant nul, \(R_f\) et \(C_f\) forment un simple diviseur de tension, la sortie étant prise aux bornes de \(C_f\) :
\[ \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = \frac{\dfrac{1}{\mathrm{j}C_f\omega}}{R_f + \dfrac{1}{\mathrm{j}C_f\omega}} \]Gain unité et déphasage nul en très basse fréquence, gain \(1/\sqrt{2}\) (soit \(-3\ \mathrm{dB}\)) en \(\omega_c\), décroissance à \(-20\ \mathrm{dB/décade}\) au-delà.
Le filtre doit satisfaire deux contraintes opposées, et c'est l'encadrement qui est demandé, pas une valeur.
Contrainte haute (éliminer la porteuse). Les composantes à \(\Omega\) et \(2\Omega\) doivent être fortement atténuées, seule \(A\) devant subsister. On impose classiquement une décade de marge, \(\omega_c \le \Omega/10\) :
\[ R_f \ge \frac{10}{2\pi\times 200\times 10^{3}\times 10\times 10^{-9}} = 8{,}0\times 10^{2}\ \Omega \]ce qui garantit une atténuation d'au moins un facteur \(10\) à \(\Omega\), et \(20\) à \(2\Omega\).
Contrainte basse (suivre l'accélération). \(V_s(t)\) doit reproduire sans déformation les variations de \(x(t)\), dont les temps caractéristiques sont très supérieurs à \(T = 5\ \mathrm{\mu s}\). En prenant comme bande utile de l'accéléromètre \(f_{\text{utile}} \approx 1\ \mathrm{kHz}\) (valeur justifiée à Q7), il faut \(\omega_c \gg 2\pi f_{\text{utile}}\) :
\[ R_f \ll \frac{1}{2\pi\times 10^{3}\times 10\times 10^{-9}} = 1{,}6\times 10^{4}\ \Omega \]La plage est large de plus d'une décade parce que la porteuse à \(200\ \mathrm{kHz}\) est deux décades au-dessus du signal utile : c'est tout l'intérêt d'avoir choisi une fréquence d'excitation très élevée. Le compromis de tout dispositif à modulation se lit ici directement.
Il s'agit d'une détection synchrone (ou démodulation synchrone ; en anglais lock-in detection).
Le schéma en porte les trois signatures : (1) modulation de la grandeur lente \(x(t)\) par une porteuse haute fréquence \(\Omega\) ; (2) multiplication du signal modulé par la référence issue du même oscillateur, donc de fréquence et de phase rigoureusement identiques, ce qui est le sens du mot « synchrone » ; (3) filtrage passe-bas qui ne conserve que le terme continu. L'intérêt est la réjection du bruit : seules survivent les composantes du signal d'entrée situées dans une bande étroite autour de \(\Omega\), toutes les autres, dont le bruit en \(1/f\) de l'électronique et le \(50\ \mathrm{Hz}\) du secteur, sont rejetées.
Après l'amplificateur de gain \(10\) et le filtre passe-bas, il ne reste de \(V_4\) que sa composante continue \(A\), multipliée par \(10\). Avec \(\kappa = \dfrac{C_1-C_2}{C_1+C_2} = -\dfrac{x(t)}{d}\) (Q15) et \(V_{01} = \dfrac{2V_M}{\pi}\) (Q17) :
\[ V_s = 10\,A = 10K\left[\frac{V_M^{2}}{4} - \frac{x(t)}{d}\cdot\frac{1}{2}\left(\frac{2V_M}{\pi}\right)^{2}\right] = 10K\,V_M^{2}\left[\frac{1}{4} - \frac{2}{\pi^{2}}\,\frac{x(t)}{d}\right] \]Oui, le montage mesure bien une accélération, et la chaîne complète se lit d'un trait. En régime quasi statique (Q6), \(x(t) = -\dfrac{a_e(t)}{\omega_0^{2}}\), donc
\[ V_s(t) = \beta V_M^{2}\left[\frac{1}{4} + \frac{2}{\pi^{2}d\,\omega_0^{2}}\,a_e(t)\right] \]\(V_s\) est une fonction affine de l'accélération : la partie constante \(\beta V_M^2/4\) est l'offset du capteur (la tension délivrée à accélération nulle, que l'on retrouvera mesurée expérimentalement à Q31, autour de \(1{,}65\ \mathrm{V}\) pour l'ADXL335), et le coefficient du terme en \(a_e\) est la sensibilité du capteur, en \(\mathrm{V}\) par \(\mathrm{m\,s^{-2}}\) ou, comme la donne le constructeur, en \(\mathrm{V}\) par \(\mathcal{g}\). Deux réserves à mentionner pour être complet : la mesure n'est valable que dans la bande passante quasi statique, et la constante \(K\) du multiplieur doit être connue, ce qui impose un étalonnage — exactement celui que les élèves réaliseront à Q32.
Trois questions ouvertes, sans donnée numérique imposée au-delà de l'annexe 3 : le jury attend une démarche, des ordres de grandeur assumés, et surtout une comparaison chiffrée conduisant à un critère. Rédiger les hypothèses est ici plus important que la précision du résultat.
Estimons le temps caractéristique du phénomène. Le véhicule arrive à \(56\ \mathrm{km\,h^{-1}} = 15{,}6\ \mathrm{m\,s^{-1}}\) et s'immobilise en écrasant sa zone de déformation programmée, longue de l'ordre de \(0{,}5\) à \(1\ \mathrm{m}\). Avec une décélération supposée uniforme, la durée du choc vaut :
\[ \Delta t \approx \frac{2\times 0{,}6}{15{,}6} = 7{,}7\times 10^{-2}\ \mathrm{s} \]soit quelques dizaines de millisecondes ; le déploiement du coussin lui-même est encore plus rapide, de l'ordre de \(20\) à \(30\ \mathrm{ms}\). Or une caméra à \(100\ \mathrm{images\,s^{-1}}\) ne fournit qu'une image toutes les \(10\ \mathrm{ms}\), et à \(25\ \mathrm{images\,s^{-1}}\) une toutes les \(40\ \mathrm{ms}\).
Non. Une caméra ordinaire ne donnerait que trois à huit images sur tout le choc au mieux, et une seule pendant le déploiement du coussin : c'est très insuffisant pour une analyse cinématique. L'intervalle entre les images de l'annexe 3 étant de quelques millisecondes, il faut une caméra rapide, dont la cadence atteint \(10^{3}\ \mathrm{images\,s^{-1}}\) en pratique. S'ajoute une contrainte de temps d'exposition : à \(15{,}6\ \mathrm{m\,s^{-1}}\), une pose de \(1\ \mathrm{ms}\) produit un flou de \(1{,}6\ \mathrm{cm}\), donc l'obturation doit elle aussi être très brève, ce qui impose un éclairage puissant.
Deux exigences contradictoires structurent la réponse, et c'est leur confrontation qui est attendue.
Il faut détecter tôt. Le coussin doit être entièrement gonflé avant que le buste du conducteur n'ait parcouru la distance qui le sépare du volant. Le gonflage demandant \(20\) à \(30\ \mathrm{ms}\), la décision doit être prise dans les premières millisecondes du choc. Cela plaide pour un capteur à l'avant, là où la décélération apparaît en premier : lors d'un choc contre un mur, l'avant du véhicule se déforme tandis que l'habitacle continue d'avancer à vitesse quasi constante pendant plusieurs millisecondes.
Il ne faut pas déclencher à tort. Un capteur placé sur la peau du pare-chocs déclencherait au moindre heurt de parking, ce qui est inacceptable (un coussin est à usage unique, coûteux, et dangereux s'il se déploie sans raison).
Compromis retenu par les constructeurs : des capteurs de choc frontal placés en zone avant mais en retrait du pare-chocs, typiquement sur les longerons ou derrière les blocs optiques, donc entre l'extrémité avant et l'axe des roues avant ; leur signal est confirmé par un accéléromètre central, situé dans le calculateur d'airbag au niveau du tunnel central. Le déclenchement n'est décidé que si les deux voies concordent, ce qui assure à la fois la rapidité et la robustesse aux fausses alarmes. L'orientation de l'axe sensible est évidemment longitudinale.
Système : le véhicule de masse \(m = 1400\ \mathrm{kg}\), assimilé à un solide indéformable, dans le référentiel de la route supposé galiléen. Il passe de \(v_0 = 130\ \mathrm{km\,h^{-1}} = 36{,}1\ \mathrm{m\,s^{-1}}\) à l'arrêt sur \(D = 70\ \mathrm{m}\). Avec une décélération moyenne \(\langle a\rangle\) supposée constante :
\[ 0 - \frac{1}{2}mv_0^{2} = -m\,\langle a\rangle\,D \qquad \Longrightarrow \qquad \langle a\rangle_{\text{freinage}} = \frac{v_0^{2}}{2D} \] \[ \langle a\rangle_{\text{freinage}} = \frac{36{,}1^{2}}{2\times 70} = 9{,}3\ \mathrm{m\,s^{-2}} \]Soit environ \(0{,}95\,\mathcal{g}\). Ce résultat n'a rien d'un hasard : la décélération maximale d'un pneumatique sur route sèche est limitée par le coefficient de frottement, de l'ordre de l'unité, donc par \(\mu\mathcal{g} \approx \mathcal{g}\). Un freinage, aussi violent soit-il, ne peut pas dépasser sensiblement \(1\,\mathcal{g}\).
L'échelle s'obtient sur les images grâce à une longueur connue et non déformée : l'énoncé permet de repérer le centre de la roue avant, situé à environ \(1{,}0\ \mathrm{m}\) de l'extrémité avant du véhicule avant le choc. En suivant le centre de la roue (partie non déformée, donc représentative du mouvement d'ensemble) sur des images séparées de \(25\ \mathrm{ms}\), on lit un déplacement d'environ \(0{,}38\ \mathrm{m}\) avant le contact et d'environ \(0{,}20\ \mathrm{m}\) après, soit :
\[ v_{\text{avant}} = \frac{0{,}38}{0{,}025} = 15\ \mathrm{m\,s^{-1}} \qquad ; \qquad v_{\text{après}} = \frac{0{,}20}{0{,}025} = 8{,}0\ \mathrm{m\,s^{-1}} \]La première valeur est cohérente avec les \(56\ \mathrm{km\,h^{-1}} = 15{,}6\ \mathrm{m\,s^{-1}}\) annoncés, ce qui valide la méthode. Ces deux vitesses étant séparées d'environ \(75\ \mathrm{ms}\) :
\[ \langle a\rangle_{\text{choc}} = \frac{8{,}0 - 15}{75\times 10^{-3}} = -93\ \mathrm{m\,s^{-2}} \]Critère de déclenchement : armer le coussin lorsque la décélération longitudinale dépasse un seuil situé entre les deux ordres de grandeur, typiquement \(\left|a\right| > 5\,\mathcal{g} \approx 50\ \mathrm{m\,s^{-2}}\), maintenu pendant quelques millisecondes pour ne pas réagir à un nid-de-poule.
Deux remarques d'honnêteté physique qu'il faut écrire. (1) La valeur \(10\,\mathcal{g}\) est une sous-estimation : elle moyenne la décélération sur \(75\ \mathrm{ms}\), alors que le pare-chocs, lui, est déjà arrêté ; en prenant les instants les plus proches du contact on trouverait plusieurs dizaines de \(\mathcal{g}\), ce qui rejoint l'estimation directe \(v^2/(2\ell) = 15{,}6^{2}/(2\times 0{,}6) \approx 2\times 10^{2}\ \mathrm{m\,s^{-2}}\). C'est d'ailleurs cohérent avec la gamme \(\pm 100\,\mathcal{g}\) de l'ADXL1001 de Q7, choisie précisément pour ce type d'application. (2) Il ne faut pas exploiter la rotation de la roue pour construire l'échelle des temps : lors du choc, le roulement s'accompagne d'un glissement croissant, et la relation \(v = R\dot{\theta}\) devient fausse.
Quatre QP consécutives, soit environ \(12{,}5\) points de notre barème indicatif, sans un seul calcul de physique. Le contexte : un module ADXL335 lu par un microcontrôleur qui affiche un entier entre \(0\) et \(1024\), correspondant linéairement à une tension entre \(0\) et \(5{,}0\ \mathrm{V}\). Capteur horizontal : \(A_X = 341\), \(A_Y = 342\), \(A_Z = 414\).
Ce que le programme demande. L'extrait de terminale générale fourni en annexe 4 est explicite : « procéder à l'évaluation d'une incertitude-type par une approche statistique (évaluation de type A) », « écrire, avec un nombre adapté de chiffres significatifs, le résultat d'une mesure », et « comparer le résultat d'une mesure à une valeur de référence en utilisant le quotient \(\left|m_{\text{mes}}-m_{\text{réf}}\right|/u(m)\) ». Les trois capacités sont mobilisées ici, dans cet ordre.
Traitement de la série. Sur \(N = 883\) mesures réparties en \(341\) (33 fois), \(342\) (836 fois) et \(343\) (14 fois) :
\[ \overline{A_Y} = \frac{341\times 33 + 342\times 836 + 343\times 14}{883} = \frac{301\,967}{883} = 341{,}978 \]L'écart type expérimental de la série vaut \(\sigma = 0{,}230\), et l'incertitude type sur la moyenne s'en déduit :
\[ u\!\left(\overline{A_Y}\right) = \frac{\sigma}{\sqrt{N}} = \frac{0{,}230}{\sqrt{883}} = 7{,}7\times 10^{-3} \]Le point de méthode que l'élève doit avoir compris : on ne conserve qu'un seul chiffre significatif sur l'incertitude type, et on arrondit la valeur à la même position décimale. Écrire \(341{,}97848 \pm 0{,}00773\) serait aussi faux qu'écrire \(342 \pm 0{,}008\).
Réponse à la question 1 de l'activité (tension d'offset). La conversion est linéaire, \(1024\) correspondant à \(5{,}0\ \mathrm{V}\) :
\[ U_{\text{offset}} = \frac{341{,}978\times 5{,}0}{1024} = 1{,}67\ \mathrm{V} \]Comparaison argumentée avec la donnée constructeur (\(1{,}65\ \mathrm{V}\) à \(0\,\mathcal{g}\)), qui est la vraie attente de la question. L'incertitude type de type A transportée sur la tension vaut \(u(U) = 0{,}008\times 5{,}0/1024 = 4\times 10^{-5}\ \mathrm{V}\), de sorte que le quotient du programme vaut
\[ \frac{\left|1{,}67 - 1{,}65\right|}{4\times 10^{-5}} \approx 5\times 10^{2} \gg 2 \]Conclusion à faire formuler par l'élève : les deux valeurs sont très éloignées au regard de la seule dispersion statistique. Cela ne signifie pas que la mesure est fausse, mais que l'incertitude de type A ne suffit pas à décrire la situation : il manque les composantes de type B (quantification du convertisseur, soit un pas de \(5{,}0/1024 = 4{,}9\ \mathrm{mV}\) ; tolérance de fabrication du capteur, que le constructeur donne d'ailleurs comme une valeur « environ » ; incertitude sur la tension d'alimentation). Une fois ces contributions prises en compte, l'écart de \(20\ \mathrm{mV}\), soit quatre pas de quantification, devient parfaitement acceptable.
Définir d'abord avec des mots, ensuite avec une relation. La sensibilité \(s\) d'un capteur est la variation de la grandeur de sortie (ici la tension \(U\)) rapportée à la variation de la grandeur d'entrée qui l'a produite (ici l'accélération \(a\)) :
\[ s = \frac{\Delta U}{\Delta a} \qquad \text{en } \mathrm{V}/\mathcal{g} \]Protocole proposé aux élèves (4 étapes).
Application aux mesures fournies. Capteur horizontal, l'axe \(Z\) est déjà vertical : il subit \(1\,\mathcal{g}\) et affiche \(A_Z = 414\), tandis que les axes horizontaux, à accélération nulle, affichent \(A_X = 341\) et \(A_Y = 342\). Un basculement de \(90^\circ\) fait donc passer un axe de \(342\) à \(414\) environ :
\[ \Delta U = \frac{72\times 5{,}0}{1024} = 0{,}35\ \mathrm{V} \]À comparer à la donnée constructeur « sensibilité (minimum) : \(300\ \mathrm{mV}/\mathcal{g}\) » : la valeur mesurée est compatible, légèrement supérieure au minimum garanti, ce qui est le cas normal. Écart signalé : le corrigé officiel obtient \(356\ \mathrm{mV}/\mathcal{g}\) en prenant \(\Delta A = 73\) (soit \(414 - 341\), avec l'offset de l'axe \(X\)) ; avec \(\Delta A = 72\) (\(414 - 342\), offset du même axe \(Y\) que celui de la question précédente) on obtient \(352\ \mathrm{mV}/\mathcal{g}\). L'écart de \(1\) unité de quantification est sans conséquence physique, mais il illustre pour les élèves que le résultat dépend du choix de la référence.
Différences pédagogiques induites par le changement de question.
Intérêts.
Points de vigilance.
La difficulté. L'expression « accélération statique » est une contradiction dans les termes pour un élève de terminale : il vient d'apprendre que l'accélération est la dérivée du vecteur vitesse, donc qu'un objet immobile, ou en mouvement rectiligne uniforme, a une accélération nulle. Or le document lui affirme qu'un capteur posé sur la table, parfaitement immobile, mesure une « accélération statique » de \(1\,\mathcal{g}\). Deux conceptions erronées s'installent alors : soit l'élève conclut qu'un objet au repos possède une accélération (et la définition cinématique s'effondre), soit il décide que le capteur « mesure la gravité » comme une grandeur d'une autre nature que l'accélération, et le lien entre les deux se perd. Le vocabulaire, ici, travaille contre le cours.
L'argument scientifique qui lève l'ambiguïté. Il tient en une phrase : un accéléromètre ne mesure pas l'accélération du référentiel, il mesure la résultante des forces autres que le poids, rapportée à la masse. On le démontre sur le modèle de la partie I.A, à condition de reprendre le bilan des forces de la question 3 sans y supposer l'axe sensible horizontal. Système : la dent mobile \(M\), de masse \(m\). Référentiel : \(\mathcal{R}_{\mathrm{b}}\), lié au bâti, non galiléen. Forces : le rappel élastique \(-2k\,x\,\vec{u}_x\), le poids \(m\vec{\mathcal{g}}\), la réaction du guidage \(\vec{R}\) — guidage supposé parfait, donc \(\vec{R}\perp\vec{u}_x\) — et la force d'inertie d'entraînement \(-m\vec{a}_e\) (Coriolis nulle, cf. Q2). À l'équilibre relatif, en projection sur le seul axe sensible \(\vec{u}_x\), où la réaction du guidage disparaît quelle que soit l'orientation du boîtier :
\[ -2k\,x + m\left(\vec{\mathcal{g}} - \vec{a}_e\right)\cdot\vec{u}_x = 0 \qquad \Longrightarrow \qquad x = \frac{m}{2k}\left(\vec{\mathcal{g}} - \vec{a}_e\right)\cdot\vec{u}_x \]Cohérence avec la question 3. Dans la configuration de la partie I.A, l'axe sensible est horizontal : \(\vec{\mathcal{g}}\cdot\vec{u}_x = 0\), le poids est intégralement repris par le guidage (c'est le sens de « ils se compensent et sont orthogonaux à \(\vec{u}_x\) »), et il reste \(x = -\dfrac{m}{2k}\,a_e\), soit exactement le régime permanent de l'équation (1) avec \(\ddot{x} = \dot{x} = 0\). Le terme de pesanteur ne disparaît donc pas par nature : il disparaît parce que l'on avait choisi cette orientation. Dès que le boîtier bascule, la projection du poids sur l'axe sensible réapparaît — c'est la « composante statique », et c'est précisément elle qu'exploite le protocole de la Q32 (\(a = \mathcal{g}\sin\theta\)). Le composant réel de l'annexe 4 comporte trois axes sensibles orthogonaux de ce type : les trois mesures \(A_X, A_Y, A_Z\) sont les trois composantes d'un même vecteur.
Chaque axe mesure la projection de \(\vec{\mathcal{g}} - \vec{a}_e\) sur son axe sensible ; le composant trois axes restitue donc le vecteur \(\vec{\mathcal{g}} - \vec{a}_e\), parfois appelé force spécifique ou accélération propre, et jamais \(\vec{a}_e\) seule. C'est pourquoi, posé immobile sur une table (\(\vec{a}_e = \vec{0}\)), le triplet mesuré a pour norme \(\left\|\vec{\mathcal{g}}\right\| = 9{,}8\ \mathrm{m\,s^{-2}}\), répartie sur les axes selon l'orientation du boîtier, et pourquoi, en chute libre (\(\vec{a}_e = \vec{\mathcal{g}}\)), les trois axes indiqueraient \(0\) bien que le capteur accélère.
Les deux points conceptuels à faire émerger. (1) La masse qui intervient dans le poids (masse gravitationnelle) et celle qui intervient dans la force d'inertie et le principe fondamental (masse inertielle) sont numériquement identiques : c'est le principe d'équivalence, vérifié expérimentalement à \(10^{-15}\) près, et c'est lui qui rend le capteur incapable par principe de distinguer un champ de pesanteur d'une accélération d'entraînement. (2) Le champ de pesanteur \(\vec{\mathcal{g}}\) et l'accélération de la pesanteur sont la même grandeur, en \(\mathrm{m\,s^{-2}}\) comme en \(\mathrm{N\,kg^{-1}}\), ce qui explique que l'on puisse légitimement exprimer une accélération « en \(\mathcal{g}\) » comme le fait toute la documentation technique.
Reformulation à proposer aux élèves, qui garde l'intention du document sans la contradiction : parler de composante permanente (due à la pesanteur, qui renseigne sur l'orientation du boîtier) et de composante variable (due au mouvement propre, qui renseigne sur les chocs et déplacements). On conserve ainsi la distinction utile entre les deux usages du capteur — bascule portrait/paysage d'une part, détection de choc d'autre part — sans jamais écrire qu'une accélération puisse être « statique ».
Le principe : chaque pixel du capteur est coiffé d'une micro-cavité Fabry-Pérot dont l'espacement, réglé par des cales piézoélectriques, sélectionne une bande spectrale étroite. On obtient ainsi pour chaque point de la scène une centaine de bandes spectrales au lieu des trois couleurs primaires, ce qui permet d'identifier chimiquement un matériau. L'application traitée est le tri optique des déchets plastiques.
La figure 12 donne les réflectances normalisées du PET et du PVC entre \(950\) et \(1600\ \mathrm{nm}\). Le raisonnement se conduit en trois temps, et c'est la démarche qui est évaluée, pas la précision de la lecture graphique.
1. Où les deux courbes se distinguent-elles ? Il faut écarter les zones où elles se superposent ou présentent des minima confondus. Vers \(1430\ \mathrm{nm}\), les deux plastiques présentent une chute de réflectance très semblable (bande d'absorption commune) : cette zone n'est pas discriminante. En revanche, autour de \(1200\ \mathrm{nm}\), les deux matériaux présentent des minima de réflectance décalés l'un par rapport à l'autre, d'environ \(1180\ \mathrm{nm}\) pour le PET et \(1200\ \mathrm{nm}\) pour le PVC, et de profondeurs différentes.
2. Quelle résolution ? L'écart entre les deux signatures à discriminer vaut \(\Delta\lambda_{\text{signature}} \approx 20\ \mathrm{nm}\). Pour séparer deux structures distantes de \(20\ \mathrm{nm}\), il faut échantillonner le spectre avec un pas au moins deux fois plus fin, faute de quoi les deux minima tombent dans la même bande spectrale et deviennent indiscernables. C'est l'argument d'échantillonnage de Shannon transposé au domaine spectral.
3. Validation par le réel. La caméra utilisée pour produire la figure 11 (KUSTA 1.7 MSI) travaille entre \(0{,}95\) et \(1{,}7\ \mathrm{\mu m}\) avec une résolution de \(8\ \mathrm{nm}\) : notre cahier des charges est cohérent avec le matériel du commerce. Noter la contrainte que cela impose au Fabry-Pérot, et qui fait tout l'objet de la partie B : il devra présenter des pics de transmission de largeur à mi-hauteur inférieure ou égale à \(10\ \mathrm{nm}\) autour de \(1\ \mathrm{\mu m}\), c'est-à-dire une finesse élevée, donc des miroirs très réfléchissants. Le lien Q35 → Q48 est explicite : c'est le fil conducteur de la partie.
Cadrage préalable, à écrire en une phrase. Il s'agit d'une évaluation formative en classe de seconde : elle intervient pendant l'apprentissage, ne vise pas à classer mais à situer les acquis, et doit déboucher sur une remédiation. Cela conditionne la lecture des trois parties, qui sont de difficulté croissante et évaluent des compétences différentes.
L'architecture globale est classique et cohérente : établir la loi (A), l'appliquer dans un cas voisin (B), l'utiliser pour expliquer le réel (C). C'est précisément le maillon C qui va se révéler défaillant, et qui fait l'objet de la question 38.
Méthode de correction attendue par le jury, en trois temps et dans cet ordre.
1. Valoriser d'abord ce qui est réussi, même partiellement. C'est un attendu explicite : une copie annotée uniquement en négatif ne fait progresser personne. Le tracé du graphe, la reconnaissance de l'alignement des points, la formulation de la loi de Snell-Descartes sont typiquement à créditer.
2. Annoter les erreurs précisément, sur le document lui-même. Les points de contrôle sont les suivants :
3. Formuler des conseils actionnables, c'est-à-dire des consignes que l'élève peut appliquer seul la prochaine fois. Par exemple : « pour calculer un coefficient directeur, choisis deux points sur ta droite, le plus éloignés possible, et écris le calcul » ; « avant d'expliquer une observation d'optique, demande-toi toujours d'où vient la lumière et où elle arrive » ; « un schéma avec au moins deux rayons issus d'un même point de l'objet t'aidera à trouver où l'œil voit ce point ».
Pourquoi la partie C n'a pas été réussie. Le défaut n'est pas dans les élèves, il est dans l'enchaînement des questions. Trois ruptures se cumulent entre B et C.
Modification proposée (deux options, la seconde étant la plus sûre).
Option 1, question intermédiaire ajoutée entre B et C : « Sur le schéma fourni, on considère un point P de l'extrémité du stylo. Tracer deux rayons issus de P qui traversent le pavé et parviennent à l'œil. Prolonger ces deux rayons en arrière (en pointillés) après leur sortie du verre. Que constate-t-on sur leur point d'intersection P' ? Comparer la position de P' à celle de P. »
Option 2, allègement de la tâche : fournir directement à l'élève le schéma de la situation de la photographie, avec les deux rayons déjà tracés et le pavé correctement orienté, et ne lui demander que l'explication écrite. On sépare ainsi la difficulté de construction géométrique de la difficulté d'argumentation, ce qui est exactement le rôle d'une évaluation formative : on ne cumule pas deux obstacles dans la même question.
La réponse attendue une fois la difficulté levée : les rayons issus d'un point du stylo sont réfractés à l'entrée puis à la sortie du pavé et en ressortent parallèles à leur direction initiale mais translatés latéralement ; l'œil, qui les prolonge en ligne droite, voit donc le point du stylo décalé. Comme seule la portion du stylo vue à travers le verre subit ce décalage, le stylo paraît « coupé » à la frontière du pavé.
Deux lames planes parallèles, partiellement réfléchissantes, séparées par une épaisseur d'air \(e\). Le rayon incident, d'angle \(i\), subit une infinité d'allers-retours ; tous les rayons émergents sont parallèles, et une lentille les fait interférer en son plan focal, au point \(M\). On note \(r\) et \(t\) les coefficients de réflexion et de transmission en amplitude, \(R = r^2\) et \(T = t^2\) ceux en intensité, avec \(R + T = 1\) (lames non absorbantes).
Préliminaire à écrire : les deux lames étant parallèles, la loi de Snell-Descartes pour la réflexion impose que tous les angles d'incidence et de réflexion successifs à l'intérieur de la cavité soient égaux à \(i\). La géométrie se répète donc à l'identique à chaque aller-retour, ce qui est la raison pour laquelle le déphasage entre deux rayons consécutifs sera constant.
Le trajet \(B \to C \to D\) est constitué de deux segments obliques symétriques traversant l'épaisseur \(e\), chacun de longueur \(\dfrac{e}{\cos i}\). La cavité étant remplie d'air (\(n=1\)), chemin optique et longueur géométrique coïncident :
La projection de ce trajet sur la direction parallèle aux lames donne \(BD\) : chaque segment se projette en \(e\tan i\), d'où
\[ BD = 2e\tan i \]Enfin \(H\) est le projeté orthogonal de \(D\) sur le rayon 1. Le triangle \(BHD\) est rectangle en \(H\), et l'angle en \(B\) entre \(BD\) (parallèle aux lames) et le rayon 1 (qui fait l'angle \(i\) avec la normale, donc \(\tfrac{\pi}{2}-i\) avec les lames) vaut \(\tfrac{\pi}{2}-i\). Donc \([BH] = BD\,\cos\left(\tfrac{\pi}{2}-i\right) = BD\sin i\) :
Justification de \([HM] = [DM]\). Les rayons 1 et 2 sont parallèles en sortie. \(H\) étant le projeté orthogonal de \(D\) sur le rayon 1, le plan passant par \(H\) et \(D\) perpendiculairement à ces rayons est un plan d'onde. Or le théorème de Malus énonce que les rayons lumineux issus d'une même source sont orthogonaux aux surfaces d'onde, et que le chemin optique entre deux surfaces d'onde est le même pour tous les rayons. Les chemins \([HM]\) et \([DM]\), comptés de ce plan d'onde jusqu'au point de convergence \(M\), sont donc égaux. C'est exactement le rôle de la lentille : elle ne modifie pas la différence de marche entre rayons parallèles.
Différence de marche. Le rayon 2 parcourt \([BCD]\) puis \([DM]\) ; le rayon 1 parcourt \([BH]\) puis \([HM]\). Les deux derniers étant égaux, ils se simplifient :
\[ \delta = [BCDM] - [BHM] = [BCD] - [BH] = \frac{2e}{\cos i} - \frac{2e\sin^2 i}{\cos i} = \frac{2e\left(1-\sin^2 i\right)}{\cos i} = 2e\cos i \]Résultat à connaître par cœur : c'est la différence de marche d'une lame à faces parallèles éclairée en lumière parallèle, que l'on retrouve pour le Michelson en lame d'air et les anneaux d'égale inclinaison. Le \(\cos i\) (et non \(\sin i\)) est la signature de cette configuration. On notera l'absence de terme \(\lambda/2\) : ici les deux réflexions internes subies par le rayon 2 ont lieu dans les mêmes conditions, et l'énoncé pose \(r\) réel et identique partout, ce qui revient à absorber tout déphasage de réflexion dans une constante commune, sans effet sur la figure d'interférence.
Le rayon 1 a traversé deux lames, donc son amplitude a été multipliée par \(t\) deux fois, soit \(t^2\). Il a accumulé la phase \(\varphi_0 = \dfrac{2\pi}{\lambda}[AB]\) entre \(A\) et \(B\), puis \(\dfrac{2\pi}{\lambda}[BHM]\) entre \(B\) et \(M\) :
Le rayon 2 diffère du rayon 1 par exactement deux événements : deux réflexions internes supplémentaires (en \(C\) sur la seconde lame, puis en \(D\) sur la première), soit un facteur \(r^2 = R\) en amplitude ; et un trajet supplémentaire qui lui vaut le déphasage \(\Delta\varphi\) calculé à Q40. Il a traversé, lui aussi, exactement deux lames en transmission.
Le point décisif pour la suite : le passage du rayon \(n\) au rayon \(n+1\) se fait toujours par le même facteur multiplicatif \(\underline{q} = R\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\varphi}\), puisque la géométrie se reproduit identiquement à chaque aller-retour. La suite des amplitudes est géométrique, ce qui n'était pas le cas pour deux ondes seulement.
Les ondes sont issues de la même source, donc mutuellement cohérentes : on somme les amplitudes, et non les intensités. Le rayon d'indice \(n\) (\(n \ge 0\)) a subi \(n\) allers-retours :
\[ \underline{a}_{\mathrm{tot}}(M) = \sum_{n=0}^{+\infty} \underline{a}_1(M)\left(R\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\varphi}\right)^{n} \]Le module de la raison vaut \(\left|R\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\varphi}\right| = R < 1\) puisque \(0 < r < 1\) : la série géométrique converge, et la formule rappelée par l'énoncé s'applique.
Justifier la convergence par \(R < 1\) n'est pas un ornement : c'est la traduction mathématique du fait qu'une partie de l'énergie s'échappe à chaque aller-retour, donc que la somme infinie a un sens physique.
Avec \(I = \tfrac{1}{2}\underline{a}\,\underline{a}^{*}\), les facteurs de phase pure \(\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\varphi_0}\) et \(\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\frac{2\pi}{\lambda}[BHM]}\), de module \(1\), disparaissent :
\[ I_{\mathrm{tot}} = I_0\,\frac{t^{4}}{\left|1-R\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\varphi}\right|^{2}} \qquad \text{avec } I_0 = \tfrac{1}{2}a_0^2 \text{ et } t^4 = T^2 = (1-R)^2 \]Le dénominateur se développe :
\[ \left|1-R\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\Delta\varphi}\right|^{2} = \left(1-R\cos\Delta\varphi\right)^2 + \left(R\sin\Delta\varphi\right)^2 = 1 + R^{2} - 2R\cos\Delta\varphi \]On utilise enfin \(\cos\Delta\varphi = 1 - 2\sin^{2}\!\left(\dfrac{\Delta\varphi}{2}\right)\), qui fait apparaître le carré parfait \(1+R^2-2R = (1-R)^2\) :
\[ 1 + R^{2} - 2R\cos\Delta\varphi = (1-R)^{2} + 4R\sin^{2}\!\left(\frac{\Delta\varphi}{2}\right) \]C'est la fonction d'Airy, sous la forme donnée par l'énoncé, puisque \(\dfrac{\Delta\varphi}{2} = \dfrac{2\pi e\cos i}{\lambda}\). Le coefficient \(\mathcal{F} = \dfrac{4R}{(1-R)^2}\), appelé coefficient de finesse, gouverne tout le comportement du filtre : plus \(R\) est proche de \(1\), plus \(\mathcal{F}\) est grand, plus les pics de transmission sont étroits. Contrôle de cohérence à faire : pour \(R \to 0\), \(\mathcal{F}\to 0\) et \(\Gamma \to 1\), ce qui est bien le cas d'une cavité sans miroir, qui transmet tout.
\(\Gamma\) est maximale lorsque le terme en \(\sin^2\) s'annule, c'est-à-dire quand son argument est un multiple entier de \(\pi\) :
\[ \frac{2\pi e\cos i}{\lambda} = p\pi \qquad (p \in \mathbb{N}^{*}) \]La transmission est totale aux maxima, quelle que soit la valeur de \(R\) : c'est la propriété remarquable du Fabry-Pérot sans absorption, et elle en fait un excellent filtre — il ne perd pas d'énergie sur la bande qu'il sélectionne. Physiquement, \(\lambda_{\max,p} = 2e\cos i/p\) traduit simplement la condition d'interférences constructives \(\delta = p\lambda\).
Cohérence avec l'annexe 6 (A). Avec \(e\cos i = 1{,}0\ \mathrm{\mu m}\), on a \(\lambda_{\max,p} = \dfrac{2{,}0}{p}\ \mathrm{\mu m}\) :
Sur l'intervalle \(450 < \lambda < 1900\ \mathrm{nm}\) de l'annexe 6 (A), on prévoit donc exactement trois pics, à \(500\), \(667\) et \(1000\ \mathrm{nm}\) ; celui d'ordre \(1\) tombe hors de la fenêtre. C'est bien ce que montre la figure, ce qui valide le modèle.
Deux formulations équivalentes, la seconde étant la plus convaincante.
Par le décompte des ordres. Les maxima présents dans la fenêtre \([\lambda_a, \lambda_b]\) sont ceux dont l'ordre \(p\) vérifie \(\lambda_a \le \dfrac{2e\cos i}{p}\le \lambda_b\), soit \(\dfrac{2e\cos i}{\lambda_b} \le p \le \dfrac{2e\cos i}{\lambda_a}\). Le nombre d'entiers dans cet intervalle vaut environ
\[ N \approx 2e\cos i\left(\frac{1}{\lambda_a} - \frac{1}{\lambda_b}\right) \]qui est proportionnel à \(e\). Doubler l'épaisseur double le nombre de pics visibles.
Par l'intervalle spectral libre. L'écart entre deux maxima consécutifs vaut
\[ \lambda_{\max,p} - \lambda_{\max,p+1} = 2e\cos i\left(\frac{1}{p}-\frac{1}{p+1}\right) = \frac{2e\cos i}{p(p+1)} \approx \frac{\lambda^{2}}{2e\cos i} \]C'est l'intervalle spectral libre. Il est inversement proportionnel à \(e\) : plus la cavité est épaisse, plus les pics sont resserrés, donc plus il en tient dans une fenêtre donnée. Physiquement, une cavité épaisse impose une différence de marche grande, donc un ordre d'interférence élevé, et les conditions constructives se succèdent d'autant plus vite quand \(\lambda\) varie.
On cherche à placer un ordre dans la fenêtre \([1{,}00 ; 1{,}30]\ \mathrm{\mu m}\) et un seul, ce qui impose de vérifier où tombent les ordres voisins.
Solution avec l'ordre \(p=1\). On impose \(1{,}00 \le 2e\cos i \le 1{,}30\ \mathrm{\mu m}\), soit
\[ 0{,}50\ \mathrm{\mu m} \le e\cos i \le 0{,}65\ \mathrm{\mu m} \]L'ordre suivant tombe alors en \(\lambda_{\max,2} = e\cos i \in [0{,}50 ; 0{,}65]\ \mathrm{\mu m}\), dans le visible, donc hors de la fenêtre. Un seul maximum y subsiste.
Solution avec l'ordre \(p=2\). On impose \(1{,}00 \le e\cos i \le 1{,}30\ \mathrm{\mu m}\). Alors \(\lambda_{\max,1} = 2e\cos i \in [2{,}0 ; 2{,}6]\ \mathrm{\mu m}\) (au-dessus de la fenêtre) et \(\lambda_{\max,3} = \tfrac{2}{3}e\cos i \in [0{,}67 ; 0{,}87]\ \mathrm{\mu m}\) (en dessous). Là encore, un seul maximum dans la fenêtre.
La seconde famille est celle de l'annexe 6 (\(e\cos i = 1{,}0\ \mathrm{\mu m}\)) et sera préférée en pratique, car à ordre élevé les pics sont plus fins à \(R\) donné, donc la résolution spectrale est meilleure. La contrepartie est qu'il faut alors éliminer les ordres parasites.
Élément optique à ajouter. Un filtre passe-haut en longueur d'onde (filtre « passe-bas en fréquence », dit long-pass ou filtre coloré infrarouge), de longueur d'onde de coupure voisine de \(1{,}0\ \mathrm{\mu m}\), placé devant le capteur. Il absorbe le visible et le très proche infrarouge, donc les maxima d'ordre supérieur qui tomberaient dans le visible, et ne laisse passer que la bande utile. C'est une nécessité et non un raffinement : sans lui, le capteur recevrait simultanément les ordres \(2\) et \(3\), et l'information spectrale serait irrémédiablement mélangée.
Posons \(\Phi = \dfrac{2\pi e\cos i}{\lambda}\). La mi-hauteur est atteinte lorsque \(\mathcal{F}\sin^{2}\Phi = 1\), avec \(\mathcal{F} = \dfrac{4R}{(1-R)^{2}}\). Au voisinage d'un maximum, \(\Phi = p\pi + \epsilon\) avec \(\epsilon\) petit, donc \(\sin\Phi \simeq \pm\epsilon\) et
\[ \epsilon_{1/2} = \frac{1}{\sqrt{\mathcal{F}}} = \frac{1-R}{2\sqrt{R}} \qquad \Longrightarrow \qquad \Delta\Phi = 2\epsilon_{1/2} = \frac{1-R}{\sqrt{R}} \]On convertit en longueur d'onde par \(\left|\dfrac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}\lambda}\right| = \dfrac{2\pi e\cos i}{\lambda^{2}}\) :
\[ \Delta\lambda = \frac{\lambda^{2}}{2\pi e\cos i}\cdot\frac{1-R}{\sqrt{R}} \]Applications numériques au voisinage de \(\lambda = 1{,}0\ \mathrm{\mu m}\), avec \(e\cos i = 1{,}0\ \mathrm{\mu m}\) (donc \(\lambda^2/(2\pi e\cos i) = 1{,}0\times 10^{3}/(2\pi)\ \mathrm{nm}\)) :
\[ R = 0{,}90 \ :\quad \Delta\lambda = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 0{,}10}{2\pi\times 0{,}95} = 17\ \mathrm{nm} \] \[ R = 0{,}98 \ :\quad \Delta\lambda = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 0{,}020}{2\pi\times 0{,}99} = 3{,}2\ \mathrm{nm} \] \[ R = 0{,}99 \ :\quad \Delta\lambda = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 0{,}010}{2\pi\times 1{,}0} = 1{,}6\ \mathrm{nm} \]Parmi les valeurs proposées en annexe 6, \(R = 0{,}80\) et \(R = 0{,}90\) donnent des pics trop larges (\(36\) et \(17\ \mathrm{nm}\)) pour la résolution de \(10\ \mathrm{nm}\) exigée à Q35. \(R = 0{,}98\) est le bon compromis : \(\Delta\lambda \approx 3\ \mathrm{nm}\), largement suffisant, sans aller jusqu'à l'excès de sélectivité de \(R = 0{,}99\).
Inconvénients d'un \(R\) trop proche de \(1\). Trois, qu'il faut savoir énoncer.
Un convertisseur sur \(N\) bits code \(2^{N}\) niveaux distincts, numérotés de \(0\) à \(2^{N}-1\). La valeur maximale \(255 = 2^{8}-1\) identifie sans ambiguïté :
Le pas de quantification vaut donc \(1/256\) de la pleine échelle, soit environ \(0{,}4\ \%\) : c'est la résolution ultime de la mesure d'intensité, et elle borne la finesse des contrastes exploitables par le tri.
L'image comporte \(l \times c\) pixels, chacun codé sur \(8\) bits, soit \(1\) octet, pour une image en nuances de gris (une seule couche) :
\[ 212 \times 741 = 157\,092\ \text{pixels} \]Deux remarques de bon sens à ajouter : (1) il s'agit de l'image brute non compressée, un fichier PNG réel étant plus petit grâce à la compression sans perte ; (2) une image couleur RGB occuperait trois fois plus, et une image hyperspectrale à une centaine de bandes occuperait cent fois plus, soit environ \(16\ \mathrm{Mo}\) par image — ce qui explique que le traitement embarqué de tri se fasse sur un petit nombre de bandes sélectionnées et non sur le cube complet.
Deux boucles imbriquées parce qu'un pixel est repéré par deux indices indépendants : la boucle externe sur \(i\) fait défiler les lignes, la boucle interne sur \(j\) fait défiler, pour chaque valeur de \(i\), toutes les colonnes. Le couple d'instructions \(\texttt{if/else}\) est ainsi exécuté \(l\times c\) fois, une fois pour chaque pixel. Le parcours se fait ligne par ligne, du pixel \(\texttt{img[0,0]}\) au pixel \(\texttt{img[l-1,c-1]}\).
\(\texttt{range(0,l)}\) engendre la suite des entiers de \(0\) inclus à \(l\) exclu, soit \(0, 1, \ldots, l-1\) : exactement \(l\) valeurs. La borne supérieure exclue est la convention de Python, et elle est ici nécessaire puisque les indices d'un tableau de \(l\) lignes vont de \(0\) à \(l-1\) ; écrire \(\texttt{range(1,l)}\) oublierait la première ligne, et \(\texttt{range(0,l+1)}\) provoquerait une erreur d'indice.
L'indentation n'est pas cosmétique. En Python, c'est elle, et elle seule, qui délimite les blocs d'instructions : il n'y a ni accolades ni mot-clé de fin. Le fait que la ligne (9) soit décalée à droite par rapport à la ligne (8) signifie que la boucle sur \(j\) est contenue dans la boucle sur \(i\), donc relancée intégralement à chaque nouvelle ligne. Si l'on supprimait ce décalage, les deux boucles deviendraient successives au lieu d'être imbriquées, et le programme ne traiterait plus que \(l+c\) pixels au lieu de \(l\times c\) : un décalage de quatre espaces change le résultat du programme.
Il s'agit d'un seuillage (binarisation) : on classe chaque pixel dans l'une de deux catégories selon son intensité. La lecture des valeurs portées sur la figure 14 fait apparaître trois populations : les pixels des bouteilles, sombres (de l'ordre de \(44\) à \(115\)) ; ceux du fond, d'intensité intermédiaire (de l'ordre de \(187\)) ; ceux des étiquettes, très clairs (de l'ordre de \(220\) à \(226\)). Le fond n'est donc ni le plus sombre ni le plus clair, ce qui interdit un seuil simple à une seule inégalité.
Ligne (10) :
if 180 < img[i,j] < 200 :
Les pixels dont l'intensité tombe dans cette fenêtre sont ceux du fond : ils sont mis à \(0\) (noir) par la ligne (11). Tous les autres, bouteilles et étiquettes, passent dans le \(\texttt{else}\).
Pourquoi un encadrement et non un simple \(\texttt{if img[i,j] > 180}\) : ce dernier noircirait aussi les étiquettes, qui font partie des bouteilles à isoler, et découperait des trous dans les silhouettes. Le double encadrement conserve l'objet entier. Remarque de robustesse, qui vaut la peine d'être écrite : ce choix de seuils est empirique et dépendant de l'éclairage ; un algorithme industriel déterminerait les bornes automatiquement à partir de l'histogramme de l'image (méthode d'Otsu), ce qui le rendrait insensible aux variations de luminosité du convoyeur.
Ligne (13) :
img[i,j] = 255
Avec \(0\) d'un côté et \(255\) de l'autre, l'image ne contient plus que les deux valeurs extrêmes de la dynamique du codage : il n'existe plus aucune nuance de gris, et le contraste est maximal, égal à \(1\) au sens de la définition \(C = \dfrac{I_{\max}-I_{\min}}{I_{\max}+I_{\min}}\). C'est ce qu'exige la suite du traitement : une silhouette binaire est directement exploitable pour compter les objets, mesurer leur surface ou localiser leur centre.
Remarque pratique, hors barème mais que le jury apprécie : \(\texttt{mpimg.imread}\) renvoie, pour un PNG, un tableau de flottants compris entre \(0{,}0\) et \(1{,}0\), et non des entiers de \(0\) à \(255\). Avec ce fichier précis, les seuils devraient donc être \(180/255 \approx 0{,}71\) et \(200/255 \approx 0{,}78\), et la ligne (13) devrait affecter \(1{,}0\). De même, \(\texttt{np.shape}\) renvoie trois valeurs pour une image couleur, ce qui ferait échouer le \(\texttt{l,c = np.shape(img)}\) de la ligne (7). L'énoncé se place implicitement dans le cas d'une image en niveaux de gris codée en entiers.
Le résultat est une image strictement binaire : un fond uniformément noir, sur lequel se détachent les silhouettes blanches pleines des bouteilles, étiquettes comprises. Aucun dégradé, aucun relief, aucune texture ne subsiste : toute l'information photométrique a été réduite à une information de forme. Les bouteilles apparaissent alignées comme sur la figure 11, chacune vue en projection avec son goulot.
Deux limites à signaler, car elles font la différence entre une réponse correcte et une réponse d'agrégatif : (1) si deux bouteilles se touchent, elles forment une seule tache blanche connexe, et le comptage automatique les confondra — d'où le recours ultérieur à des opérations de morphologie mathématique (érosion, dilatation) ; (2) le traitement détruit l'information spectrale qui permet justement de distinguer PET et PVC. La binarisation sert donc uniquement à localiser les objets ; l'identification chimique se fait ensuite, bande par bande, sur les pixels ainsi sélectionnés.
Le contexte est médical : mesurer la viscosité du sang, indispensable au dosage des anticoagulants, à partir d'une goutte de quelques microlitres. Le principe est d'une simplicité désarmante — on impose un débit dans un microcanal et on mesure la chute de pression le long du canal — mais il repose entièrement sur la loi de Poiseuille, qu'il faut établir proprement depuis Navier-Stokes.
La méthode consiste à remplacer chaque opérateur de dérivation spatiale par \(1/L\), où \(L\) est la longueur caractéristique sur laquelle la grandeur varie. Le choix de cette longueur est tout l'enjeu : dans un canal, la vitesse passe de \(0\) à la paroi à sa valeur maximale sur l'axe, sur une distance de l'ordre du diamètre \(a\). C'est donc \(a\), et non la longueur \(L_x\) du canal, qui sert d'échelle transverse.
Terme convectif (ou advectif) : \(\left\|\rho\left(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}}\right)\vec{v}\right\| \sim \rho\,\dfrac{v^{2}}{a}\)
Terme visqueux (ou diffusif) : \(\left\|\eta\Delta\vec{v}\right\| \sim \eta\,\dfrac{v}{a^{2}}\)
Le rapport des deux :
\[ \mathcal{R} = \frac{\rho\,v^{2}/a}{\eta\,v/a^{2}} = \frac{\rho\,v\,a}{\eta} \]Application numérique pour \(v = 1{,}0\ \mathrm{mm\,s^{-1}}\), \(a = 100\ \mathrm{\mu m}\), et pour un liquide aqueux (\(\rho \approx 1{,}0\times 10^{3}\ \mathrm{kg\,m^{-3}}\), \(\eta \approx 1{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{Pa\,s}\)) :
\[ \mathcal{R} = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 1{,}0\times 10^{-3}\times 1{,}0\times 10^{-4}}{1{,}0\times 10^{-3}} = 1{,}0\times 10^{-1} \]Interprétation. \(Re \approx 0{,}1 \ll 1\) : les effets diffusifs (transport de quantité de mouvement par la viscosité, d'une couche de fluide à la voisine) l'emportent très largement sur les effets convectifs (transport de quantité de mouvement par le mouvement d'ensemble). On est dans le régime dit de Stokes, ou rampant. Deux conséquences :
C'est la signature de la microfluidique : en divisant la dimension transverse par \(10^{3}\) par rapport à une conduite ordinaire, on divise \(Re\) d'autant, et l'on entre dans un monde où la viscosité domine tout, où les écoulements sont réversibles et où le mélange ne peut se faire que par diffusion moléculaire.
On reprend l'équation (4) et l'on élimine les termes un par un, en justifiant chaque suppression :
L'équation traduit un équilibre local exact entre les forces de pression et les forces de viscosité : le fluide n'accélère pas, le gradient de pression ne sert qu'à vaincre le frottement visqueux. C'est l'équation de Stokes.
Trois arguments successifs, à écrire dans cet ordre.
1. Direction. Les parois du canal sont imperméables et le régime est stationnaire : aucun débit net ne traverse une surface cylindrique coaxiale, donc \(v_r = 0\). Par ailleurs, rien dans le problème (ni la géométrie, ni les conditions aux limites, ni le forçage en pression) ne privilégie un sens de rotation autour de \(Ox\) : le problème est invariant par la symétrie plane contenant \(Ox\), et la composante orthoradiale, qui changerait de signe dans cette symétrie, est donc nulle, \(v_\theta = 0\). Il reste \(\vec{v} = v_x\,\vec{u}_x\).
2. Invariances. Le canal est infiniment long au sens où \(a \ll L_x\), et il est de révolution autour de \(Ox\). Loin des extrémités, le problème est donc invariant par translation selon \(x\) et par rotation d'angle \(\theta\), ce qui élimine la dépendance en \(\theta\) : \(v_x = v_x(x,r)\).
3. Incompressibilité. L'écoulement étant incompressible, \(\mathrm{div}\,\vec{v} = 0\). Avec \(\vec{v} = v_x(x,r)\vec{u}_x\), la divergence en coordonnées cylindriques se réduit à son seul terme longitudinal :
\[ \mathrm{div}\,\vec{v} = \frac{\partial v_x}{\partial x} = 0 \]Ce résultat a une conséquence capitale que l'on peut signaler dès maintenant : pour un tel champ, le terme convectif est rigoureusement nul, car \(\left(\vec{v}\cdot\overrightarrow{\mathrm{grad}}\right)\vec{v} = v_x\dfrac{\partial}{\partial x}\left(v_x\vec{u}_x\right) = \vec{0}\). L'écoulement de Poiseuille est donc une solution exacte de Navier-Stokes, et non une solution approchée valable seulement à petit \(Re\).
La chute de pression étant supposée uniforme le long du canal, \(P\) décroît linéairement de \(P(0)\) à \(P(L_x)\), avec \(\Delta P = P(0)-P(L_x) > 0\) :
Le gradient est dirigé vers les \(x\) décroissants : le fluide s'écoule des hautes vers les basses pressions, comme il se doit. Le signe se contrôle sur le résultat final, qui doit donner \(v_x > 0\) pour \(\Delta P > 0\).
C'est la condition de non-glissement à la paroi : pour un fluide visqueux, la couche de fluide en contact avec une paroi solide est immobile par rapport à celle-ci (ici la paroi est fixe). Ce n'est pas une conséquence des équations, c'est une condition aux limites supplémentaire, d'origine expérimentale, qui découle de l'adhérence moléculaire. Elle disparaîtrait pour un fluide parfait, pour lequel on n'imposerait que \(v_r = 0\), et l'on trouverait alors un profil plat.
Avec \(\vec{v} = v_x(r)\vec{u}_x\), seul le terme radial du laplacien subsiste dans l'expression fournie par l'énoncé, et la projection de (5) sur \(\vec{u}_x\) donne :
\[ \frac{\eta}{r}\,\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\!\left(r\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{\Delta P}{L_x} \]Noter au passage la structure remarquable de cette égalité : le membre de gauche ne dépend que de \(r\), celui de droite que de \(x\) ; ils ne peuvent être égaux que s'ils sont tous deux constants, ce qui justifie a posteriori l'hypothèse de gradient de pression uniforme de Q58.
Première intégration (après multiplication par \(r/\eta\)) :
\[ r\,\frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}r} = -\frac{\Delta P}{2\eta L_x}\,r^{2} + C_1 \]Seconde intégration :
\[ v_x(r) = -\frac{\Delta P}{4\eta L_x}\,r^{2} + C_1\ln r + C_2 \]Constantes. Le terme \(\ln r\) diverge en \(r=0\), or la vitesse sur l'axe est finie (le fluide y est bien réel) : nécessairement \(C_1 = 0\). Puis la condition de non-glissement de Q59 donne \(C_2 = \dfrac{\Delta P}{4\eta L_x}\left(\dfrac{a}{2}\right)^{2}\).
Le profil est parabolique, maximal sur l'axe, nul aux parois : c'est le profil de Poiseuille. Contrôles à faire : \(v_x > 0\) pour \(\Delta P > 0\) (le fluide va bien dans le bon sens) ; \(v_x\) croît quand \(\eta\) décroît (un fluide moins visqueux coule plus vite à forçage donné) ; et l'homogénéité, \(\left[\dfrac{\mathrm{Pa}\cdot\mathrm{m}^{2}}{\mathrm{Pa\,s\cdot m}}\right] = \mathrm{m\,s^{-1}}\).
On intègre le champ de vitesse sur la section, en découpant celle-ci en couronnes d'aire \(2\pi r\,\mathrm{d}r\) sur lesquelles \(v_x\) est uniforme :
\[ Q_v = \int_0^{a/2} v_x(r)\,2\pi r\,\mathrm{d}r = \frac{\pi\Delta P}{2\eta L_x}\int_0^{a/2}\left[\left(\frac{a}{2}\right)^{2}r - r^{3}\right]\mathrm{d}r \] \[ Q_v = \frac{\pi\Delta P}{2\eta L_x}\left[\frac{a^{2}}{4}\cdot\frac{r^{2}}{2} - \frac{r^{4}}{4}\right]_0^{a/2} = \frac{\pi\Delta P}{2\eta L_x}\left(\frac{a^{4}}{32}-\frac{a^{4}}{64}\right) = \frac{\pi\Delta P}{2\eta L_x}\cdot\frac{a^{4}}{64} \]La dépendance en \(a^{4}\) est le résultat marquant, et il faut le commenter : diviser par deux le diamètre d'une conduite divise le débit par seize à pression imposée. C'est ce qui explique l'effet spectaculaire d'un rétrécissement artériel en physiologie, et c'est aussi ce qui rend le microcanal si sensible : à \(a = 100\ \mathrm{\mu m}\), une très petite goutte suffit à produire une chute de pression mesurable. On peut aussi noter \(Q_v = \overline{v}\cdot\dfrac{\pi a^{2}}{4}\) avec \(\overline{v} = \dfrac{\Delta P a^{2}}{32\eta L_x} = \dfrac{v_{\max}}{2}\) : la vitesse débitante vaut exactement la moitié de la vitesse sur l'axe.
Lecture du document. La figure 16 donne la pression relevée par les jauges en fonction de leur position le long du canal. Les points s'alignent sur une droite décroissante, ce qui valide expérimentalement l'hypothèse de gradient de pression uniforme de Q58 — c'est la première chose à dire. La pente de cette droite fournit directement \(\Delta P/L_x\) : la pression chute d'environ \(1{,}7\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}\) entre les positions \(4\) et \(11\ \mathrm{mm}\), soit
\[ \frac{\Delta P}{L_x} = \frac{1{,}7\times 10^{5}}{7{,}0\times 10^{-3}} = 2{,}4\times 10^{7}\ \mathrm{Pa\,m^{-1}} \]Inversion de la loi de Poiseuille. C'est tout l'intérêt d'exprimer la mesure sous forme d'un gradient : \(L_x\) n'a pas à être connu séparément.
\[ \eta = \frac{\pi\,a^{4}}{128\,Q_v}\cdot\frac{\Delta P}{L_x} = \frac{\pi\times \left(100\times 10^{-6}\right)^{4}\times 2{,}4\times 10^{7}}{128\times 1{,}4\times 10^{-8}} \]Commentaire, en comparant à des étalons. Cette valeur vaut environ quatre fois celle de l'eau à température ambiante (\(1{,}0\ \mathrm{mPa\,s}\)), et elle est proche de la viscosité du sang total à \(37\ ^\circ\mathrm{C}\), que la littérature situe entre \(3\) et \(4\ \mathrm{mPa\,s}\) (valeur calculée légèrement au-dessus, ce qui reste l'ordre de grandeur attendu). Le dispositif remplit donc bien sa fonction.
Deux réserves à formuler, et c'est ce qui distingue une réponse d'agrégatif d'une simple application numérique.
Vérification de cohérence a posteriori, qui n'est pas demandée mais qui est très valorisée. La vitesse débitante réelle vaut
\[ \overline{v} = \frac{Q_v}{\pi a^{2}/4} = \frac{1{,}4\times 10^{-8}}{7{,}9\times 10^{-9}} = 1{,}8\ \mathrm{m\,s^{-1}} \]très supérieure au \(1\ \mathrm{mm\,s^{-1}}\) de l'estimation de Q55. Le nombre de Reynolds vaut alors
\[ Re = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 1{,}8\times 1{,}0\times 10^{-4}}{4{,}2\times 10^{-3}} = 43 \]soit \(43\), et non \(0{,}1\). L'écoulement reste très largement laminaire (\(Re \ll 2\times 10^{3}\)) et, comme on l'a montré à Q57, le terme convectif est de toute façon identiquement nul pour un écoulement parallèle établi : la loi de Poiseuille reste exacte. Il faut seulement vérifier que l'écoulement est bien établi, c'est-à-dire que la longueur d'entrée \(L_e \approx 0{,}06\,Re\,a\) est petite devant la distance entre jauges :
\[ L_e \approx 0{,}06\times 43\times 100\times 10^{-6} = 2{,}6\times 10^{-4}\ \mathrm{m} = 0{,}26\ \mathrm{mm} \]soit bien moins que les \(7\ \mathrm{mm}\) de canal instrumenté : les jauges mesurent bien la zone d'écoulement établi.
Trois QP adossées à une activité de terminale STL-SPCL sur le dimensionnement d'un réseau d'irrigation. Le programme de cette voie (annexe 7) comporte explicitement le théorème de Bernoulli avec pertes de charge et avec pompe, ainsi que la puissance utile et le rendement d'une pompe : c'est un contenu que l'on ne rencontre pas dans la voie générale, et que le jury attend ici.
Écoulement incompressible. Un écoulement est incompressible lorsque le volume d'une particule de fluide ne varie pas au cours de son mouvement, ce qui se traduit par \(\mathrm{div}\,\vec{v} = 0\), ou de façon équivalente par \(\dfrac{\mathrm{D}\rho}{\mathrm{D}t} = 0\). C'est une propriété de l'écoulement, pas du fluide : le critère pratique est que la vitesse d'écoulement soit très petite devant la célérité du son dans le milieu (nombre de Mach \(Ma = v/c \ll 0{,}3\)). Ici \(v \approx 2\ \mathrm{m\,s^{-1}}\) contre \(c \approx 1{,}5\times 10^{3}\ \mathrm{m\,s^{-1}}\) dans l'eau, soit \(Ma \approx 10^{-3}\) : l'hypothèse est excellente.
Écoulement parfait. Un écoulement est parfait lorsque les effets de la viscosité y sont négligeables, c'est-à-dire qu'il n'y a ni diffusion de quantité de mouvement, ni dissipation, donc aucune perte de charge. C'est l'hypothèse qui autorise l'écriture du théorème de Bernoulli sous sa forme simple. Attention : aucun fluide réel n'est parfait ; l'écoulement peut l'être en pratique loin des parois, sur des longueurs modestes.
Pertinence pour le réseau d'irrigation. La question se tranche par le calcul, avec la relation de Poiseuille fournie en annexe. Le débit vaut \(Q_v = 42\ \mathrm{L\,min^{-1}} = \dfrac{42\times 10^{-3}}{60} = 7{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}\,s^{-1}}\), et \(a/2 = 1{,}0\times 10^{-2}\ \mathrm{m}\) :
\[ \Delta P = \frac{8\,\eta\,L\,Q_v}{\pi\left(a/2\right)^{4}} = \frac{8\times 1{,}0\times 10^{-3}\times 20{,}0\times 7{,}0\times 10^{-4}}{\pi\times \left(1{,}0\times 10^{-2}\right)^{4}} = 3{,}6\times 10^{3}\ \mathrm{Pa} \] \[ \frac{\Delta P}{P_{\text{amont}}} = \frac{3{,}6\times 10^{3}}{2{,}5\times 10^{5}} = 1{,}4\times 10^{-2} \]La perte de charge vaut \(0{,}036\ \mathrm{bar}\), soit \(1{,}4\ \%\) de la pression amont, très inférieure au critère de \(20\ \%\) du cahier des charges. Avec la relation de Poiseuille fournie par l'énoncé, le modèle « écoulement incompressible et parfait » est donc pertinent : négliger les pertes de charge fausse le résultat de moins de deux pour cent. C'est la réponse attendue, et elle suffit à prendre tous les points de la question : le rapport de jury demande ici « des ordres de grandeur et un calcul », pas davantage.
Prolongement hors attendu — à ne pas traiter le jour du concours. Ce qui suit dépasse ce que demande l'énoncé, qui fournit la relation de Poiseuille et attend son application : ne le rédigez pas en temps limité, il ne rapporte pas de point et coûte cinq minutes. Il est donné ici parce qu'il éclaire la limite du modèle, et parce qu'un jury d'oral peut poser la question. La relation de Poiseuille n'est en effet valable qu'en régime laminaire. Or, dans ce tuyau, la vitesse débitante vaut \(\overline{v} = Q_v/(\pi(a/2)^2) = 2{,}2\ \mathrm{m\,s^{-1}}\), et
\[ Re = \frac{1{,}0\times 10^{3}\times 2{,}2\times 2{,}0\times 10^{-2}}{1{,}0\times 10^{-3}} = 4{,}4\times 10^{4} \]très supérieur au seuil de transition \(Re \approx 2\times 10^{3}\) : l'écoulement est en réalité turbulent, et les pertes de charge y sont bien plus élevées que ne le prédit Poiseuille. Une estimation par la corrélation de Blasius (coefficient de perte de charge \(\lambda = 0{,}316\,Re^{-1/4} \approx 0{,}022\)) donne
\[ \Delta P_{\text{turb}} = \lambda\,\frac{L}{a}\,\frac{\rho\,\overline{v}^{2}}{2} = 0{,}022\times\frac{20{,}0}{2{,}0\times 10^{-2}}\times\frac{1{,}0\times 10^{3}\times 2{,}2^{2}}{2} = 5{,}3\times 10^{4}\ \mathrm{Pa} \]soit \(0{,}53\ \mathrm{bar}\), c'est-à-dire \(21\ \%\) de la pression amont. Il faut alors assumer la conclusion que donnent ces chiffres, et elle est inverse de la précédente : le critère de \(20\ \%\) est franchi, et l'hypothèse d'écoulement parfait — celle qui annule justement la dissipation — est précisément celle qui tombe dès que l'écoulement est turbulent. Une estimation de Blasius vaut ce que vaut une corrélation empirique (elle ignore la rugosité et les pertes de charge singulières des coudes et des vannes, qui ne feraient qu'aggraver le bilan), mais l'ordre de grandeur est net : sur \(20\ \mathrm{m}\) de tuyau à \(2\ \mathrm{m\,s^{-1}}\), les pertes de charge réelles ne sont pas négligeables.
Que retenir des deux calculs. Ils ne se contredisent pas, ils répondent à deux questions différentes. « Le modèle est-il pertinent avec la relation fournie ? » — oui, et c'est la réponse à rendre, encadrée plus haut. « L'écoulement réel est-il parfait ? » — non, et c'est exactement pourquoi le programme de STL-SPCL comporte le théorème de Bernoulli avec pertes de charge et le dimensionnement d'une pompe : sans quoi ce réseau d'irrigation serait sous-dimensionné. Sachez tenir les deux niveaux de lecture, et n'exposez le second que si le jury vous y invite.
Rôle du dispositif pompe + trop-plein. L'expérience consiste à mesurer le débit \(Q_v\) pour différentes hauteurs d'eau \(H\), à l'éprouvette et au chronomètre. Or, si l'on se contentait de remplir la cuve et de laisser couler, le niveau \(H\) baisserait pendant la mesure, donc le débit diminuerait continûment : on mesurerait une valeur moyenne mal définie, et l'écoulement ne serait pas stationnaire.
La pompe réalimente la cuve avec un débit supérieur au débit de sortie ; le trop-plein évacue l'excédent et fixe ainsi exactement la hauteur \(H\), qui reste constante quel que soit le débit de la pompe. Le dispositif impose donc un régime permanent à niveau imposé, ce qui permet (1) une mesure de débit reproductible, (2) le changement contrôlé de \(H\) d'un point de mesure au suivant, et (3) surtout, la validité de l'hypothèse de stationnarité, qui est l'une des conditions d'application du théorème de Bernoulli.
Ce dernier point est l'élégance de la question : le montage n'est pas un détail technique, il est la réalisation matérielle d'une hypothèse du modèle. C'est un excellent exemple à faire verbaliser aux élèves.
On applique le théorème de Bernoulli le long d'une ligne de courant allant du point \((1)\), pris à la surface libre dans la cuve, au point \((2)\), pris dans le jet à la sortie de l'orifice. Hypothèses : écoulement stationnaire, incompressible, parfait, dans le champ de pesanteur uniforme.
\[ P_1 + \rho g z_1 + \tfrac{1}{2}\rho v_1^{2} = P_2 + \rho g z_2 + \tfrac{1}{2}\rho v_2^{2} \]Il reste \(\rho g H = \tfrac{1}{2}\rho v_2^{2}\), d'où \(v_2 = \sqrt{2gH}\), puis, par définition du débit volumique \(Q_v = v_2\,S\) :
On reconnaît la formule de Torricelli : la vitesse de sortie est celle qu'aurait un corps tombant en chute libre de la hauteur \(H\), ce qui n'a rien d'un hasard puisque Bernoulli est un bilan d'énergie mécanique par unité de volume. Méthode de vérification expérimentale à proposer aux élèves : tracer \(Q_v\) en fonction de \(\sqrt{H}\) et vérifier l'alignement des points sur une droite passant par l'origine ; la pente attendue vaut \(S\sqrt{2g}\), ce qui permet en prime de retrouver la section \(S\) de l'orifice et de la comparer à sa mesure directe. On peut aussi tracer \(\ln Q_v\) en fonction de \(\ln H\) et vérifier que la pente vaut \(0{,}5\).
Justification du choix. Le programme de terminale STL-SPCL (annexe 7) exige trois capacités qui ne sont pas encore mobilisées par l'activité : « expliquer le rôle d'une pompe », « exploiter le théorème de Bernoulli avec une pompe », « définir et évaluer le rendement d'une pompe, la puissance électrique absorbée étant fournie ». La question proposée les couvre toutes les trois, en réutilisant le matériel déjà installé.
« La pompe qui alimente la cuve est équipée de deux manomètres, placés juste en amont et juste en aval de celle-ci, à la même altitude et sur des tuyaux de même section. Ils indiquent respectivement \(P_1 = 8{,}0\times 10^{4}\ \mathrm{Pa}\) et \(P_2 = 1{,}5\times 10^{5}\ \mathrm{Pa}\), pour un débit \(Q_v = 42\ \mathrm{L\,min^{-1}}\).
a. Expliquer, en une phrase, ce que la pompe apporte au fluide.
b. Calculer la puissance hydraulique utile qu'elle fournit à l'eau.
c. La plaque signalétique indique une puissance électrique absorbée de \(120\ \mathrm{W}\). Calculer le rendement de la pompe et commenter. »
Réponse attendue.
a. La pompe fournit au fluide de l'énergie mécanique, prélevée sur le réseau électrique. Elle constitue une singularité active du circuit : le théorème de Bernoulli sous sa forme simple ne s'applique pas à travers elle, il faut sa forme généralisée, qui ajoute au bilan le travail utile fourni par unité de volume.
b. Entre les points \((1)\) et \((2)\) situés de part et d'autre de la pompe, le théorème de Bernoulli généralisé s'écrit :
\[ \frac{\mathcal{P}_{\text{utile}}}{Q_v} = \left(P_2 - P_1\right) + \rho g\left(z_2-z_1\right) + \tfrac{1}{2}\rho\left(v_2^{2}-v_1^{2}\right) \]Les deux manomètres étant à la même altitude (\(z_1 = z_2\)) et sur des tuyaux de même section (\(v_1 = v_2\) par conservation du débit), seuls les termes de pression subsistent. Avec \(Q_v = 7{,}0\times 10^{-4}\ \mathrm{m^{3}\,s^{-1}}\) :
\[ \mathcal{P}_{\text{utile}} = Q_v\left(P_2-P_1\right) = 7{,}0\times 10^{-4}\times 7{,}0\times 10^{4} = 49\ \mathrm{W} \]c. Le rendement est le rapport de la puissance utile à la puissance absorbée :
Commentaire à faire produire par les élèves : près de \(60\ \%\) de l'énergie électrique consommée n'arrive pas au fluide. Elle est dissipée dans les pertes par effet Joule du moteur, dans les frottements mécaniques des paliers, et dans les turbulences internes de la roue. Un rendement de \(40\) à \(60\ \%\) est l'ordre de grandeur normal d'une pompe domestique, ce que les élèves peuvent vérifier sur une documentation constructeur.
Variante possible, si l'on préfère faire intervenir une dénivellation : placer la pompe entre un bassin de récupération et la cuve située \(h = 0{,}50\ \mathrm{m}\) plus haut, et demander la puissance minimale nécessaire pour maintenir le niveau constant. Le terme \(\rho g h\) s'ajoute alors au bilan, et l'on obtient une puissance de quelques watts seulement, ce qui montre aux élèves que l'essentiel de la puissance d'une pompe sert à vaincre les pertes de charge, non à élever l'eau.
Notre résolution a été conduite indépendamment, puis confrontée aux éléments de correction diffusés pour cette session. Trois valeurs numériques diffèrent, et dans les trois cas le recalcul direct confirme la valeur donnée ici.
Ce barème est une estimation, et non le barème officiel, qui n'est pas rendu public. Il est construit sur trois appuis : le nombre de questions (65 questions numérotées), le poids des questions QP donné par le rapport de jury (« environ vingt pour cent du total des points »), et le temps de résolution estimé de chaque question. Il est donné sur un total de 170 points, à ramener sur 20 par un coefficient d'environ 0,12. Il sert à arbitrer le temps de préparation, pas à s'auto-noter au point près.
Sur les statistiques de la session. Le rapport de jury 2021 comporte bien un tableau de résultats (moyennes, écarts types, barre d'admissibilité), mais ses colonnes sont difficilement exploitables en l'état. Nous ne citons donc aucune moyenne chiffrée pour cette session, plutôt que d'en avancer une non vérifiée. Le seul repère de calibration que nous retenons est qualitatif et solide : le rapport indique que la partie III a été largement délaissée, ce qui signifie qu'une copie d'admissible n'est pas une copie exhaustive, mais une copie qui a traité proprement deux parties sur trois.
Les thèmes abordés recoupent directement plusieurs leçons du catalogue, à travailler en priorité si l'une des parties ci-dessus a résisté :
Côté didactique, les quatre îlots de QP de ce sujet balaient à eux seuls la quasi-totalité du spectre attendu à l'écrit : incertitudes au collège sans outil statistique (Q8), distinction poids/masse (Q9), incertitudes de type A et comparaison à une valeur de référence en terminale (Q31), écriture d'un protocole et statut d'une grandeur définie (Q32), usage raisonné du numérique (Q33), obstacle didactique de vocabulaire et principe d'équivalence (Q34), objectifs d'une évaluation formative et correction commentée d'une copie (Q36-Q37), analyse critique d'un énoncé et remédiation (Q38), enfin mécanique des fluides en voie technologique (Q63 à Q65). C'est, à soi seul, un programme de révision pour les questions pédagogiques de n'importe quelle session.
Ce corrigé est en accès libre. Les autres sont en ligne, en version intégrale avec l'accès complet (99 € jusqu'au 31 octobre 2026). Le paiement ouvre prochainement : laissez votre adresse pour être prévenu·e.
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